Environ 1 500 migrants vivent à Calais, dans le nord de la France. Crédit : Reuters
Environ 1 500 migrants vivent à Calais, dans le nord de la France. Crédit : Reuters

Depuis l’accord conclu entre Londres et Kigali sur l’envoi des demandeurs d’asile au Rwanda, de plus en plus d’exilés cherchent des informations sur la procédure de demande d’asile en France. InfoMigrants fait le point sur les démarches d’asile depuis les campements du nord de la France.

Si la plupart des demandeurs d’asile déposent leur dossier à Paris, il est également possible d’effectuer sa demande dans le nord de la France. Néanmoins, les démarches ne se font pas à Calais même, mais à Lille. Deux manières de procéder existent.

1/ Demander l’asile via la plateforme Coallia à Lille

Pour cela, il faut prendre rendez-vous auprès de la plateforme Coallia chargée de préenregistrer les demandes d’asile avec les noms, nationalités et situations familiales des demandeurs d'asile.

Coallia enregistre également les parcours d’exil suivis par les migrants : la manière dont les personnes sont entrées en France et si elles ont déjà demandé l’asile dans un pays européen.

La prise de rendez-vous se fait au téléphone, du lundi au vendredi de 9h à 12h au +33 3 28 55 12 43 ou bien directement sur place au 12, rue de Cannes, à Lille. On ne peut communiquer qu'en français ou anglais et il faut parfois appeler des dizaines de fois pour obtenir un rendez-vous.

Les demandeurs d’asile se voient ensuite attribuer un rendez-vous au guichet unique de la préfecture de Lille pour le lendemain matin (sauf si le rendez-vous avec Coallia est un vendredi, le rendez-vous en préfecture a alors lieu le lundi).

>> À (re)lire : Demander l'asile en France : la procédure étape par étape

Pendant l'entretien au guichet unique, les services de la préfecture prennent les empreintes des demandeurs d’asile. Les personnes peuvent signaler dans quelle langue elles veulent être entendues au cours de la procédure (langue maternelle ou une autre dans laquelle ils sont à l’aise). Les exilés reçoivent alors un récépissé (attestation) de leur demande d’asile, indiquant si celle-ci est examinée en procédure normale, accélérée ou sous le coup de Dublin. C’est le résultat de la prise d’empreinte qui le détermine.

>> A (re)lire : En France, à quelle aide financière ont droit les demandeurs d'asile ?

Les personnes qui ne se trouvent pas en procédure Dublin doivent ensuite remplir un dossier pour l'Office français de réfugiés et des apatrides (Ofpra) avec leur récit. Celui-ci doit être déposé dans les 21 jours qui suivent. Les exilés reçoivent ensuite une convocation, mais l'attente peut être longue : elle peut arriver jusqu'à un an plus tard. Le rendez-vous avec l'Ofpra a lieu à Paris.

>> À (re)lire : Comment se déroule l'entretien à l'Ofpra ?

Pendant l'instruction du dossier, c’est Coallia qui s’occupe de domicilier les demandeurs en Spada (Structure de premier accueil des demandeurs d’asile).

2/ Demander l’asile depuis un CAES du nord de la France

Il est possible de débuter une procédure de demande d’asile depuis l’un des centres d’hébergement de l’État dans le nord de la France, les fameux CAES (Centre d'accueil et d'examen des situations) avec l’aide de travailleurs sociaux.

>> À lire : France : obtenir le statut de réfugié, et après ?

Vous pouvez y rester 30 jours sans débuter de démarches, mais pour y être logé plus longtemps, les personnes doivent obligatoirement entamer une procédure de demande d’asile.

À savoir : les exilés en procédure Dublin peuvent être expulsés depuis ce centre vers un État européen. Les personnes peuvent aussi y être assignées à résidence et la police peut interpeller un "dubliné" au sein du centre d’hébergement.


Crédit : Studio graphique FMM
Crédit : Studio graphique FMM


 

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