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Les 28 chefs d'États européens ont finalement trouvé un accord sur la question migratoire, a annoncé dans la nuit de jeudi à vendredi le président du Conseil européen Donald Tusk. L'Italie avait bloqué jeudi l'adoption de déclarations communes en demandant "des actes".

Neuf heures de négociations, un blocage de l’Italie et, finalement, un compromis. Les 28 dirigeants de l’Union européenne (UE) ont trouvé un accord, vendredi 29 juin au petit matin, sur les migrations, lors d'un sommet tendu à Bruxelles. 

Selon les premières conclusions publiées vendredi, les chefs d'États se sont mis d'accord pour que les réfugiés et migrants parvenus en Europe soient répartis et accueillis sur la base du volontariat et pour se pencher sur l'instauration de dispositifs d'accueil situés en dehors de l'UE.

Les pays de l’Union ont également décidé de renforcer leurs frontières extérieures, afin d'éviter de renouer avec des flux comparables à ceux que l'Europe avait enregistrés en 2015. Cela devrait passer notamment par une augmentation des aides à destination de la Turquie et de l'Afrique du Nord.

Débarquer les migrants hors de l'UE épargnerait aux Européens de se quereller pour la prise en charge de navires. Mais les contours du projet restent encore très flous, et il suscite de nombreuses questions sur sa compatibilité avec le droit international. Le chef de la diplomatie marocaine, Nasser Bourita, a déjà fait savoir jeudi que son pays rejetait l'idée de tels centres.

"L'Italie n'est plus seule"

"C'est la coopération européenne qui l'a emporté", s'est félicité le président français Emmanuel Macron après l'accord devant la presse, jugeant que "la solidarité que nous devons aux pays de première entrée a été actée".

C'est "un très bon compromis", s'est réjoui le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki. "Il y a des déclarations sur des relocalisations [répartition de demandeurs d’asile, NDLR] sur une base volontaire et elles sont basées sur le consensus", a-t-il ajouté.

"L'Italie n'est plus seule", a lancé le chef du gouvernement populiste italien Giuseppe Conte, qui avait bloqué l'adoption d'une première salve de conclusions, portant sur la défense et le commerce, avant même que ne commencent les débats sur les migrations.

>> À lire : Macron et Conte affichent leur volonté d'une "meilleure" politique migratoire en Europe

L'Italie avait ainsi montré qu'elle ne donnerait son accord à aucun texte commun du sommet si elle n'obtenait pas ce qu'elle voulait sur les migrations. "Nous attendons des actes", avait d'emblée déclaré Giuseppe Conte, reprochant à ses voisins d'avoir trop longtemps laissé l'Italie gérer seule les arrivées de migrants. Des tractations s'étaient ensuite engagées, sur la base notamment de propositions préparées par Giuseppe Conte avec Emmanuel Macron, selon des sources diplomatiques.


Une source gouvernementale italienne a salué la "contribution importante" d’Emmanuel Macron, tout en relevant que quelques pays s'étaient opposés "avec force" à ces propositions, en laissant entendre qu'il s'agissait notamment de la Hongrie.

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Avec AFP et Reuters

 

Texte initialement publié sur : France 24

 

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