Le navire humanitaire allemand Sea Watch 3 au port de La Valette à Malte, le 2 juillet 2018. Crédit : Reuters
Le navire humanitaire allemand Sea Watch 3 au port de La Valette à Malte, le 2 juillet 2018. Crédit : Reuters

En moins de deux semaines, un second navire humanitaire a été retenu par les autorités maltaises, empêchant les opérations de sauvetage de l’ONG allemande Sea Watch en Méditerranée.

Le Sea Watch 3 avait décidé de faire escale à Malte pour une simple opération de maintenance, mais il a été empêché de quitter le port maltais de La Valette depuis le lundi 2 juillet. Affrété par l’association allemande Sea-Watch, il voulait reprendre la mer pour venir en aide aux migrants, mais il a été "bloqué à Malte sans aucune raison légale fournie par les autorités", a annoncé Sea-Watch. Les autorités maltaises n’ont donné aucune information à ce sujet.

Après un week-end meurtrier, où plusieurs naufrages en Méditerranée au large de la Libye ont coûté la vie à 163 migrants, l’ONG allemande a regretté que son bateau humanitaire ne puisse pas reprendre ses activités de sauvetage. Sea Watch dit être victime d’une "campagne politique".

>> À lire sur InfoMigrants : Près de 170 migrants disparus en Méditerranée en 72 heures

Le Lifeline toujours bloqué

Un précédent bateau humanitaire, le Lifeline, affrété par une autre ONG allemande, Mission Lifeline, arrivé à Malte la semaine dernière avec 233 migrants, est bloqué à quai depuis mercredi 27 juin par les autorités maltaises. Après avoir attendu six jours en mer avant d’avoir l’autorisation d’accoster à Malte, il a été momentanément saisi, le temps que soit rendue une décision de justice.

Un tribunal maltais, accuse son capitaine, Claus-Peter Reisch, interviewé la semaine dernière par InfoMigrants, de ne pas avoir enregistré correctement l’immatriculation de son navire. Celui-ci a réfuté ces accusations, affirmant que le bateau naviguait en toute régularité sous pavillon néerlandais, ce que les autorités néerlandaises ont contesté. Claus-Peter Reisch doit être entendu une nouvelle fois la semaine prochaine.

Les autorités maltaises, italiennes et le président français Emmanuel Macron ont accusé le Lifeline d'avoir enfreint les règles internationales en refusant d'accepter de remettre aux garde-côtes libyens les migrants secourus.

>> À lire sur InfoMigrants : Les explications du capitaine du Lifeline accusée d’être "en contravention des règles"

Un navire humanitaire espagnol refusé

Par ailleurs Malte a refusé d’accueillir un autre navire humanitaire géré par l'association espagnole Proactiva Open Arms, transportant 59 migrants secourus au large de la Libye. Ce bateau a pris la direction du port espagnol de Barcelone après avoir été rejeté également par l'Italie.


 

Et aussi