Un accord sur les migrants a été trouvé en Allemagne.

La coalition au pouvoir en Allemagne a enfin trouvé un accord, jeudi, sur le renvoi de certains migrants à la frontière avec l'Autriche. Cet accord ne prévoit aucun centre de transit et aucune décision unilatérale de l'Allemagne.

Mise en danger par sa politique migratoire, la chancelière allemande peut souffler. Les sociaux démocrates (SPD) et les deux partis conservateurs, l'Union chrétienne-démocrate (CDU) et l'Union chrétienne-sociale (CSU), ont trouvé un accord, dans la soirée du jeudi 5 juillet, sur le renvoi de certains migrants à la frontière avec l'Autriche, a annoncé la dirigeante du SPD, Andrea Nahles. Ils devraient présenter une loi sur l'immigration d'ici la fin de l'année.

Les trois partis de la grande coalition au pouvoir ont accepté d'accélérer les procédures de renvoi des migrants ayant déjà demandé l'asile dans un autre pays de l'Union européenne, a ajouté à la presse Andrea Nahles. Et ce seulement s'il y a des accords bilatéraux avec le pays où ils se sont enregistrés.

L'accord de deux pages prévoit que les procédures des migrants ayant déjà demandé l'asile dans un autre pays soient traitées dans les 48 heures dans des postes de police - pas de centres de transit séparés - s'ils ne peuvent pas être transportés à l'aéroport de Munich pour retourner dans le pays de leur première demande.

Pas de centres de transit

La dirigeante du SPD, Andrea Nahles, et le ministre des Finances Olaf Scholz, également membre du SPD, ont rappelé que l'accord ne prévoyait pas la création de centres de transit et aucune décision unilatérale de l’Allemagne. "Je veux être très claire sur le fait que nous n'avons pas accepté une sorte de compromis. À la place, nous avons rédigé une nouvelle proposition qui comprend des solutions raisonnables, et la CDU-CSU a joué une pièce de théâtre ces trois dernières semaines dont ce pays, notre pays, n'avait pas besoin", a dit Andrea Nahles à la ZDF.

Le SPD a par ailleurs obtenu l'élaboration d'une loi sur l'immigration dans le pays visant à pallier le manque de main d'œuvre, et la mise en place de mesures pour lutter contre l'immigration illégale non seulement en Bavière, mais dans l'ensemble de l'Allemagne.

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À l'origine de la fronde, le ministre de l'Intérieur Horst Seehofer (CSU), qui milite pour un durcissement de la politique migratoire en Allemagne, s'est réjoui de cet accord. Horst Seehofer avait demandé le refoulement à la frontière de tous les migrants enregistrés dans un autre pays. Mais Angela Merkel a refusé au nom de la cohésion européenne et pour éviter "un effet domino" sur le continent.

Avec Reuters et AFP

Texte initialement publié sur : France 24

 

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