Dans le camp de Velika Kledusha, dans le nord de la Bosnie. Crédit : InfoMigrants
Dans le camp de Velika Kledusha, dans le nord de la Bosnie. Crédit : InfoMigrants

Dans une déclaration faite à la presse, le ministre de la Sécurité bosnien a déclaré qu’il cherchait un moyen législatif pour pouvoir déployer l’armée aux frontières du pays et ainsi stopper la venue des migrants.

Depuis le début de l’année, des milliers de migrants affluent en Bosnie, petit pays pauvre des Balkans, dans l’espoir de passer en Croatie, porte d’entrée de l’Union européenne. Mais face à cet afflux soudain, Sarajevo n'a pas su faire face : le pays de 3,5 millions d’habitants compte seulement deux centres d’accueil de migrants sur son sol.

"Je prévois d'initier des changements à la loi pour déployer l'armée dans la protection de notre frontières", a déclaré mercredi 25 juillet le ministre de la sécurité, Dragan Mektic, aux journalistes. La Bosnie souhaiterait donc trouver un moyen législatif pour placer des militaires le long de sa frontière avec la Serbie – par laquelle passe la majorité des migrants présents sur le sol bosnien.

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Dragan Mektic refuse que son pays devienne le nouveau "hot spot" de l’Europe. "Nous [la Bosnie] sommes devenus un dommage collatéral d’un problème européen. Nous ne permettrons pas au pays de devenir un point chaud", a-t-il ajouté.

Plus de 9 000 personnes d'Asie et d'Afrique du Nord sont passées par la Bosnie depuis la Serbie voisine et le Monténégro depuis le début de l'année. Ils sont actuellement 3 500 sur le sol bosnien, selon l'Organisation internationale des migrations (OIM). La grande majorité de ces personnes sont bloquées dans le nord du pays, vers Bihac et Velika Kledusha, dernières villes avant la Croatie.

Là-bas, de nombreux migrants dorment dans des abris de fortunes, dans des champs, dans des conditions déplorables. Un centre humanitaire devrait voir le jour prochainement mais les discussions s’enlisent entre l’Union européenne et Sarajevo sur son emplacement.

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Des centaines de migrants vivent à Sarajevo, dans l'attente de passer en Croatie. Crédit : InfoMigrants

 

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