Un peu plus de 600 migrants ont escaladé la clôture qui sépare le Maroc de l'enclave espagnole de Ceuta, le 26 juillet 2018. Crédit : Reuters
Un peu plus de 600 migrants ont escaladé la clôture qui sépare le Maroc de l'enclave espagnole de Ceuta, le 26 juillet 2018. Crédit : Reuters

Six cent deux migrants sont parvenus, jeudi 26 juillet, à pénétrer dans l'enclave espagnole de Ceuta, au Maroc. La garde-civile espagnole a dénoncé l'emploi de "méthodes virulentes", les migrants ayant lancé aux forces de police "des récipients en plastique avec des excréments et de la chaux vive", en plus de pierres et de bâtons.

Jets de pierres, de bâtons, de sprays enflammés, de chaux vive, d’excréments contre les policiers… Plus de 600 migrants originaires d'Afrique subsaharienne sont parvenus jeudi 26 juillet à pénétrer dans l’enclave espagnole de Ceuta au Maroc après un "assaut" lancé contre la double clôture particulièrement violent selon les autorités. Ce franchissement de la frontière de Ceuta est la plus importante depuis février 2017 quand plus de 850 migrants étaient entrés dans la ville.

Si 602 personnes ont réussi à atteindre le territoire espagnol jeudi, une centaine de migrants a été stoppée par la police marocaine et d’autres ont été interceptés par les agents espagnols à la frontière et renvoyés au Maroc.

La Garde civile espagnole a dénoncé l’emploi de "méthodes virulentes". Selon le communiqué du corps de police espagnol, les migrants ont lancé aux agents "des récipients de plastique avec des excréments et de la chaux vive", utilisé des sprays enflammés à la manière de "lance-flammes" en plus de pierres et de bâtons.

Quinze agents ont été blessés, dont cinq ont dû être soignés à l’hôpital pour des brûlures au visage et aux bras. Beaucoup de migrants ont eux aussi été blessés, aux mains et aux jambes, en escaladant la clôture. Seize ont dû se rendre à l’hôpital, tandis que les autres ont été transférés au centre de séjour pour migrants où ils peuvent déposer une demande d’asile, précise la Garde civile.

Les "assauts" de la barrière "sont tous violents", précise José Cobo, porte-parole du syndicat de gardes civils AEGC, mais celui-ci passe un nouveau palier car "ils ont employé une méthode qu’ils n’avaient jamais utilisée avant, la chaux vive", a-t-il dit.

Espagne, nouvelle porte d’entrée en Europe

Le gouvernement socialiste a annoncé en juin, à son arrivée au pouvoir, son intention de retirer des barbelés coupants des clôtures de Ceuta et Melilla, les deux villes espagnoles en Afrique du nord, seules frontières terrestres de l’Union européenne (UE)  avec l’Afrique.

L’AEGC a reconnu dans un communiqué que cette mesure pourrait être "humanitaire", mais réclame en échange "plus de gardes civils et plus de matériel anti-émeutes et de protection".

Cet incident accroît encore un peu plus la pression sur l’Espagne, devenue la première porte d’entrée des migrants en Europe, dépassant l’Italie qui, en refusant de recevoir les migrants secourus en mer par des ONG humanitaires, a fermé la route qui passait par la Libye.

"Il est clair que l’Italie a fermé cette route de manière discutable", a commenté mercredi 25 juillet le ministre espagnol des Affaires étrangères, Josep Borrell, lors d’une rencontre avec la presse. "Si le passage par la Méditerranée centrale se ferme et le flux migratoire ne se tarit pas dans les pays d’origine, […] le flux va être dévié vers la Méditerranée occidentale, et c’est déjà le cas", a-t-il ajouté.

Il appelle l’UE, pour l’heure divisée sur la question, à adopter une "vraie politique migratoire, avec une perspective de 20 ou 30 ans", tenant compte de l’explosion démographique en Afrique subsaharienne.

 

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