Image d'archive du camp de migrants au square Daviais, à Nantes, le 13 juillet 2018. Crédit : InfoMigrants
Image d'archive du camp de migrants au square Daviais, à Nantes, le 13 juillet 2018. Crédit : InfoMigrants

Ils en avaient été chassés le 23 juillet et s'étaient repliés dans une ancien lycée inoccupé de Nantes. Mais après l'évacuation du lycée jeudi 2 août, les migrants se sont réinstallés au square Daviais, en plein centre ville. Les associations dénoncent ces expulsions à répétition et réclament des meilleures conditions de vie pour les quelque 500 migrants qui vivent dans les rues nantaises.

Les migrants de Nantes vivent au grès des expulsions et tentent comme ils peuvent de trouver un endroit pour installer leurs tentes. Après l’évacuation du square Daviais le 23 juillet, seules 147 personnes, les plus vulnérables, se sont vues proposer un hébergement. Les autres se sont installés dans un ancien lycée avec l’aide des collectifs d’aide aux migrants de Nantes. Mais ils en ont été expulsés jeudi 2 août, sans qu’une solution d’hébergement ne leur soit proposée.

"Plus de 500 personnes migrantes sont actuellement hébergées directement ou indirectement par la ville de Nantes. Toutefois, il est impossible que le lycée Leloup-Bouhier, qui fait actuellement l'objet de travaux en vue de sa transformation en école, soit occupé", a précisé dans un communiqué Aïcha Bassal, adjointe à la mairie de Nantes.

Les 261 migrants évacués jeudi se sont donc de nouveau regroupés au square Daviais, en plein centre-ville de Nantes. Ils y ont rejoint une centaine d’autres qui y avaient trouvé refuge dès le lendemain de cette première évacuation, et y avaient monté des tentes. "Il y a environ 200 tentes dans le square. Ils sont à peu près deux ou trois à l’intérieur. Donc j’estime qu’ils sont actuellement 500 migrants à Daviais", signale à InfoMigrants François Prochasson, du collectif de soutien aux migrants de Nantes.

Le lieu était pourtant protégé par des barrières afin d’éviter toute réinstallation, mais les membres du collectif L’autre cantine – qui distribue des repas tous les soirs près du square – les ont retiré pour "laisser les migrants s’installer", explique Juna du collectif.

Cinquième expulsion depuis mi-juin

Les associations d’aide aux migrants de Nantes dénoncent l’absence de solutions apportées par la mairie et la préfecture. "C’est la 5ème expulsion depuis mi-juin mais on ne leur propose aucune autre alternative. On ne peut pas laisser faire cela, on se doit d’agir", proteste François Prochasson.

Les conditions de vie dans le square Daviais sont plus que précaires : le lieu ne dispose que d’un seul point d’eau et les migrants n’ont pas accès à des douches ou des toilettes. Ils n’ont d’autres solutions que de faire leurs besoins dans les bosquets alentours, laissant le square en proie à des odeurs nauséabondes. Le manque d’hygiène favorise le développement des maladies telles que la gale ou la tuberculose.

De plus, la canicule qui frappe la France ces derniers jours inquiète les collectifs. "Les températures dépassent les 30 degrés en ce moment à Nantes. On réclame urgemment des distributions d’eau dans la journée et la mise en place de toilettes et douches mobiles", insiste François Prochasson.

Les migrants - pour la plupart demandeurs d’asile - se disent épuisés et redoutent une nouvelle évacuation. "L’un d’eux m’a dit hier : ‘si la police nous expulse une nouvelle fois, je mets le feu à ma tente et je m’immole avec’", dit Juna de l’Autre cantine.

>> La Croix-Rouge distribue des paniers repas (sandwich, gâteau, chips et bouteille d'eau) tous les soirs à 20h au Quai Baco. L'autre cantine distribue des repas tous les soirs vers 20h30 / 21h au square Daviais. 

 

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