Capture d'écran du compte twitter de la SNSM montrant un canot à la dérive sur la Manche.
Capture d'écran du compte twitter de la SNSM montrant un canot à la dérive sur la Manche.

La semaine dernière, trois migrants ont été secourus à 12 km des côtes du Pas-de-Calais, dans la Manche. Ils tentaient de rejoindre l'Angleterre à la rame. Bernard Barron, président à Calais de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM) rappelle la dangerosité d'une telle tentative.

Trois migrants ont été secourus le week-end dernier alors qu'ils tentaient de traverser la Manche en canoë à l'aide de pagaies, a déclaré la préfecture maritime. Vers 9h, "un voilier anglais a repéré trois personnes sur un petit canot à la rame, au large des côtes françaises", a expliqué à InfoMigrants Bernard Barron, président de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM) à Calais, qui porte secours aux naufragés. "Le voilier a contacté les garde-côtes britanniques qui ont répercuté l’alerte vers le Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (CROSS) en France".

Les autorités françaises ont envoyé une vedette de la SNSM pour porter secours aux trois hommes, qui étaient à environ 12 km de Calais. Les trois naufragés "âgés de 18 à 25 ans", selon Bernard Barron, ont ensuite été pris en charge par la Police aux frontières (PAF) du Pas-de-Calais. "Ils étaient à la fois déçus et soulagés de nous voir. Leur sauvetage a été facile, le temps était clément et la mer calme ce jour-là. Mais ce n'est pas toujours le cas. Combien ont échoué sans être secourus ?"

Les tentatives de traversée de la Manche par les migrants existent même si elles restent rares. "Il y a en avait quelques unes du temps de la ‘jungle’", se rappelle Loan Torondel, chargé de mission pour l’ONG Auberge des migrants, à Calais. "Mais ces traversées sont incroyablement dangereuses".

"600 cargos par jour sur la Manche"

Le trafic maritime est en effet très dense dans la zone. "On pourrait penser que franchir les 29 km qui séparent la France de l’Angleterre est facile mais c’est un parcours semé de pièges", ajoute Bernard Barron. "Il faut faire face à la densité du trafic, aux courants terribles, aux vents violents, aux hauts fonds […] Il y a 600 cargos qui traversent la Manche chaque jour, la plupart sont des mastodontes, des porte-containers, c’est de la folie de s'y aventurer dans de petits canots, pendant la nuit".

Pourquoi les migrants prennent-ils ce risque ? "Sans doute, la détérioration des conditions de vie ici [à Calais] pousse certaines personnes à tenter n’importe quoi pour passer en Angleterre", avance Loan Torondel, de l’Auberge des migrants. Selon lui, ces derniers mois, plusieurs migrants ont ainsi tenté de s’introduire dans le port de Calais, à la nage et en pleine nuit, pour ensuite s’accrocher "comme ils peuvent" aux ferries en partance pour le Royaume-Uni.

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Selon la préfecture maritime de la Manche, 23 tentatives de traversées "en embarcation de fortune" de la Manche ont eu lieu en 2016, 13 en 2017 et six en 2018, en comptant celle de samedi matin. Au mois de mai, la SNSM avait déjà porté secours à 5 migrants retrouvés en état d’hypothermie sur un canot à la dérive, sans moteur et sans rames.

D'après le dernier décompte de la préfecture du Pas-de-Calais, entre 350 et 420 migrants (entre 400 et 800 selon les associations) sont localisés à Calais, port d'Europe continentale le plus proche de l'Angleterre qu'ils souhaitent rejoindre.

 

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