Image d'archives de l'arrivée du Sarost 5 à Zarzis, le 1er août. Crédit : Chamesddine Marzoug
Image d'archives de l'arrivée du Sarost 5 à Zarzis, le 1er août. Crédit : Chamesddine Marzoug

Le ministre tunisien des Affaires étrangères, Khemaies Jhinaoui, a annoncé jeudi 2 août que les migrants secourus à bord du Sarost 5 seraient rapatriés dans leur pays d’origine. Une déclaration qui a surpris les organisations humanitaires internationales.

Selon les médias tunisiens, le ministre des Affaires étrangères (MAE), Khemaies Jhinaoui, a déclaré devant la presse jeudi 2 août que la Tunisie allait rapatrier tous les migrants secourus au large de Zarzis après avoir été recueillis à bord du navire commercial, le Sarost 5. Quarante migrants avaient en effet été bloqués pendant deux semaines au large de la Tunisie. Aucun port n’avait accepté de les accueillir.

Après des jours de mutisme, Tunis avait finalement autorisé le débarquement de ces personnes le 1er août pour "raisons humanitaires".

La déclaration du MAE a surpris les organisations internationales car elle contredit les premières annonces des autorités tunisiennes. Il n’avait jusque-là jamais été question de renvois. Le gouvernement avait au contraire indiqué que les migrants du Sarost 5 pourraient soit demander l’asile en Tunisie auprès du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), soit bénéficier d’un retour volontaire par le biais de l’Organisation internationale des migrations (OIM).

"Nous ne sommes pas au courant de la déclaration du ministre", signale à InfoMigrants Paola Pace de l’OIM en Tunisie. "Nos contacts dans les différents ministères ne vont pas dans ce sens". Même son de cloche du côté du Croissant rouge tunisien qui accueille les migrants du Sarost 5 dans son foyer de Médenine (sud de la Tunisie). "Nous ne comprend pas cette déclaration que nous avons découvert dans la presse. Aucune autorité ne nous a contactés", dit à InfoMigrants Mongi Slim, l'un des responsables de l'organisation.

Une source au ministère tunisien des Affaires étrangères explique à InfoMigrants que "cette déclaration a été sortie de son contexte par les journalistes. Aucune décision n’a été prise dans ce sens", dit-elle visiblement gênée, sans toutefois complètement démentir les propos du ministre.

Face à ces informations contradictoires, les organisations internationales disent "continuer le travail avec les migrants du Sarost 5". Quinze personnes ont déposé une demande d’asile auprès du HCR et devraient rapidement être transférées dans un foyer géré par l’agence onusienne, à Médenine. Un seul migrant a demandé à profiter d’un retour volontaire avec l’aide de l’OIM.

"Les autres réfléchissent encore, mais certains sont déterminés à repartir en Libye pour retenter la traversée vers l’Europe. Ils se reposent un peu au foyer avant de repartir", assure Mongi Slim.

 

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