Des migrants se réjouissent d'avoir pu entrer dans l'enclave espagnole de Ceuta, le 22 août 2018. Crédit : REUTERS/Fabian Bimmer
Des migrants se réjouissent d'avoir pu entrer dans l'enclave espagnole de Ceuta, le 22 août 2018. Crédit : REUTERS/Fabian Bimmer

Quelque 115 migrants ont forcé la frontière de Ceuta, enclave espagnole au Maroc, ce mercredi 22 août, blessant légèrement des garde-frontières. Depuis le début de l'année, plus de 3 000 personnes sont entrées à Ceuta et Melilla, les deux frontières terrestres de l'Union européenne avec l'Afrique.

Quelque 115 migrants ont pénétré mercredi dans l'enclave espagnole de Ceuta en escaladant la haute clôture frontalière avec le Maroc, blessant légèrement plusieurs agents, ont annoncé les autorités.

"Ils sont passés par dessus la clôture" de six mètres de haut et hérissée de barbelés qui entoure la ville, a indiqué un porte-parole de la préfecture. Sept gardes-frontières ont été "légèrement" blessés suite à des brûlures d'acide et de chaux que leur ont lancé les migrants, a-t-il précisé.

"Tout mon soutien aux forces de l'ordre qui affrontent de manière exemplaire le défi migratoire, en particulier aux agents blessés aujourd'hui", a tweeté le chef du gouvernement, le socialiste Pedro Sanchez.

Des images diffusées par le journal El Faro de Ceuta montrent de jeunes migrants africains fous de joie d'être parvenus à escalader la double clôture, certains agitant un drapeau espagnol ou européen.

Blessures aux jambes et aux mains

Plusieurs ont des blessures aux jambes et aux mains, les vêtements lacérés ou ensanglantés, selon ces images. "Bonne chance à tous les amis qui sont derrière" au Maroc, crie en français l'un d'entre eux.

Les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, située dans le nord du Maroc, sont entourées de clôtures d'acier et de barbelés ainsi que d'un "mur" invisible de surveillance technologique. Des centaines de migrants africains tentent chaque jour de les franchir pour atteindre le territoire espagnol. Ceuta et Melilla sont les deux seules frontières terrestres de l'Union européenne avec l'Afrique.

Le nouveau ministre espagnol de l'Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, avait annoncé à la mi-juin qu’il souhaitait que soient retirés les barbelés sur les clôtures des deux enclaves.

Fin juillet, plus de 600 migrants y étaient entrés lors d'un passage en force marqué par des affrontements décrits comme particulièrement violents par les forces de l'ordre, lors duquel ils avaient jeté de la chaux vive et des excréments sur les gardes-frontières.

Depuis le début de l'année, plus 3 000 migrants sont entrés à Ceuta et Melilla, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Ils viennent s'ajouter aux plus de 25 000 arrivés en Espagne par voie maritime, faisant du pays la première porte d'entrée de l'immigration clandestine en Europe, devant l'Italie et la Grèce.

 

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