Des migrants font la queue pour entrer dans un centre d'accueil à Ceuta. REUTERS/Fabian Bimmer
Des migrants font la queue pour entrer dans un centre d'accueil à Ceuta. REUTERS/Fabian Bimmer

Madrid a renvoyé au Maroc jeudi 116 migrants africains qui étaient entrés de force la veille dans l’enclave espagnole de Ceuta. Plusieurs ONG dénoncent "une violation des droits humains".

Ils étaient entrés clandestinement dans l’enceinte espagnole de Ceuta mercredi. Cent seize migrants africains ont été renvoyés au Maroc jeudi 24 août au cours d’une expulsion collective et ultra rapide.

La préfecture de Ceuta a annoncé dans un communiqué publié à la suite de cette opération que "les 116 migrants subsahariens entrés hier [mercredi] en Espagne de manière illégale à travers la frontière de Ceuta [avaient] été réadmis par le Maroc".

Plusieurs ONG ont dénoncé cette opération. Sur Twitter, Caminando Fronteras ("Franchir les frontières") l’a qualifiée d'"énorme violation des droits humains par le gouvernement espagnol".

Aucune demande d'asile déposée, selon l'Espagne

Face aux critiques des défenseurs des droits humains, le ministère espagnol de l’Intérieur a défendu l’opération, arguant que toutes les personnes entrées dans l’enclave espagnole s’étaient vues proposé "la possibilité de solliciter l’asile". Selon le ministère, aucun d'eux ne l’aurait fait. "Les deux mineurs présents dans le groupe sont restés en Espagne", a ajouté le porte-parole du ministère.

>> À lire : Espagne : des militants alertent sur des violations des droits de l'Homme envers les migrants

Aujourd’hui au pouvoir, le parti socialiste avait pour habitude, lorsqu’il était dans l’opposition, de condamner vivement "les refoulements à chaud" des migrants.

En octobre 2017, la Cour européenne des droits de l’Homme avait condamné l'Espagne pour le refoulement de migrants arrivés à Melilla sans qu’ils aient eu "la possibilité de s'exprimer sur leurs circonstances personnelles, ni d'être assistés par des avocats, des interprètes ou des médecins". Selon le porte-parole du ministère de l’Intérieur, la situation serait cette fois-ci différente.

L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) estime que quelque 3 100 migrants sont entrés dans les enclaves de Ceuta et Melilla depuis le début de l’année.


 

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