Photo d'archive. Des demandeurs d'asile dans le camp de Moria, sur l'île de Lesbos, en Grèce. Crédit : Reuters
Photo d'archive. Des demandeurs d'asile dans le camp de Moria, sur l'île de Lesbos, en Grèce. Crédit : Reuters

La situation des demandeurs d'asile, confinés sur les îles en Grèce, reste alarmante. Dans le camp de Moria, sur l'île de Lesbos, les migrants sont actuellement près de 7 000, soit trois fois plus que la capacité maximale.

Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a demandé à la Grèce d’accélérer le transfert sur le continent des demandeurs d’asile rassemblés dans les centres d’accueil des îles de la mer Égée, où les conditions de vie se détériorent.

Le HCR s’inquiète tout particulièrement de la situation sur l’île de Lesbos, près de la côte turque, où le centre d’accueil est surpeuplé. "La situation atteint le point d’ébullition au centre de réception et d’identification de Moria sur l’île de Lesbos, où plus de 7 000 demandeurs d’asile et migrants sont entassés dans des abris construits pour accueillir seulement 2 000 personnes", a déclaré Charlie Yaxley, porte-parole de l'agence onusienne, lors d’une réunion à Genève.

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"Dans la zone principale du camp de Moria [...], il y a en moyenne une toilette fonctionnelle pour 72 personnes et une douche pour 84 personnes", rappelle l’ONG Médecins sans frontières (MSF) dans un communiqué, le 1er août.

En 2015, Lesbos avait été le principal point d’arrivée en Europe de près d’un million de Syriens, d’Afghans et d’Irakiens, qui représentent plus de 70 % des migrants actuellement en Grèce.

Depuis trois ans, le nombre d’arrivées – près de 30 000 en 2017 contre 173 000 en 2016 – a mis le gouvernement grec à l’épreuve. Mais la situation est toujours aussi préoccupante. Après avoir introduit leur demande d’asile, les migrants restent plus longtemps dans les centres situés sur les îles.

Confinement

Durant le mois d’août, 1 350 réfugiés et demandeurs d’asile ont été transférés sur le continent, alors qu’en moyenne 114 nouveaux migrants arrivaient chaque jour sur l’île, a précisé le HCR.

Au mois d’avril 2018, le gouvernement grec avait annoncé que les demandeurs d’asile venus de Turquie vers la Grèce par bateau seraient confinés sur leur île d’arrivée en attendant l’examen de leur demande d’asile. Il leur est interdit de circuler librement sur le territoire – et donc de rejoindre le continent par leurs propres moyens. Seuls les publics les plus vulnérables – les femmes, les enfants et les personnes handicapées – sont transférés dans des hébergements en Grèce continentale.

Les ONG avaient déjà alertés sur la surpopulation à Moria. Au mois de novembre 2017, les policiers et les réfugiés avaient lancé un appel à la grève générale.

Certains des migrants, coincés sur les îles, sont là depuis plus de six mois et 25% d’entre eux sont des enfants, a précisé Charlie Yaxley, porte-parole du HCR.

Situation préoccupante à Samos et Chios

Un centre d’accueil sur l’île de Samos abrite actuellement 2 700 migrants, près de quatre fois plus que prévu, et les centres de Chios et Kos accueillent deux fois plus de réfugiés que leur capacité prévue.

"Nous sommes particulièrement préoccupés par la vétusté des installations sanitaires, par les conflits entre les différentes communautés, la multiplication des agressions et des cas de harcèlement sexuel", a poursuivi Charlie Yaxley, notant que de plus en plus d’enfants présentent des problèmes psychiques.

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Il a rappelé que le gouvernement grec s’était engagé à transférer les migrants vers des centres d’accueil sur le continent et avait reçu pour cela un financement de l’Union européenne.

Il a souligné la nécessité pour les pays de l’UE de venir en aide aux "États de première ligne" comme la Grèce, l’Italie et l’Espagne. "La situation est tout à fait gérable, c’est une simple question de volonté politique", a-t-il affirmé.

 

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