Le navire basque Aita Mari devrait prendre la mer fin septembre. Crédit : Maydayterraneo
Le navire basque Aita Mari devrait prendre la mer fin septembre. Crédit : Maydayterraneo

L’Aita Mari, navire de sauvetage des ONG espagnoles PROEM-AID et SMH, devrait prendre la mer fin septembre en direction des côtes libyennes. Le personnel du bateau portera secours aux migrants en Méditerranée, alors qu’actuellement aucun navire humanitaire n’est présent dans la zone.

Un nouveau navire de sauvetage battant pavillon espagnol devrait bientôt sillonner la Méditerranée, au large des côtes libyennes. L’Aita Mari - du nom d’un célèbre marin-pêcheur basque du 19ème siècle qui a effectué de nombreux sauvetages en mer - est actuellement amarré au port de Pasaia, dans le pays basque espagnol. Le bateau attend les dernières vérifications techniques et officielles et espère pouvoir prendre la mer fin septembre.

L'aventure Aita Mari a commencé en mai 2017 lorsque deux ONG, qui œuvrent depuis 2015 auprès des migrants en Grèce, décident de s’unir dans un projet commun baptisé "Maydayterraneo". Le but : venir en aide aux migrants en mer. "PROEM-AID et SMH ont uni leurs forces, partageant un objectif commun, pour travailler ensemble dans le ‘couloir de la mort’ de la mer Méditerranée", peut-on lire sur le site consacré au projet.

400 000 euros de subvention du gouvernement autonome basque

Pour mener à bien leur projet, les associations ont pu bénéficier d’une subvention de 400 000 euros versée par le gouvernement autonome basque ainsi que des donations privées. Au total 750 000 euros ont été récoltés. Cette somme a permis d’acheter un chalutier et de le transformer en navire de sauvetage. Long de 32 mètres, le navire pourra accueillir entre 150 et 200 migrants. Des douches, des toilettes et des couchettes y ont été installées. Le personnel sera composé de cinq marins professionnels et d’une dizaine de bénévoles : sauveteurs, médecins, infirmiers, sage-femme…  

Pendant des mois des bnvoles ont effectu des travaux sur le chalutier pour le transformer en navire de sauvetage Crdit  MaydayterraneoMais dans quel pays les bénévoles vont-ils débarquer les migrants secourus en mer ? Depuis le début de l’été, le nouveau ministre italien de l’Intérieur, Matteo Salvini, a en effet décidé de fermer ses ports à tout navire humanitaire. Malte refuse également régulièrement le débarquement des migrants sur son territoire. La Valette n’accepte d’ouvrir ses ports qu’à la seule condition que des pays européens se portent volontaires pour accueillir les rescapés. 

"Nous ne savons pas encore dans quel pays nous déposerons les migrants. Mais ce qui est sûr c’est qu’on ne les raccompagnera pas en Libye où il risque la torture et l’esclavage", assure à InfoMigrants Daniel Rivas, porte-parole de "Maydayterraneo".

Aucun navire humanitaire au large de la Libye

"Il y a un énorme besoin au large de la Libye, il reste peu de navires de sauvetage alors que des hommes et des femmes se noient quotidiennement en mer. On ne peut pas rester sans rien faire", continue Daniel Rivas. Actuellement, aucun bateau humanitaire n’est présent dans la zone – Proactiva Open Arms s’est replié sur la zone maritime entre l’Espagne et le Maroc et l’Aquarius clarifie sa situation administrative au port de Marseille (sud de la France).

LAita Mari est actuellement amarr au au port de Pasaia dans le pays basque espagnol Crdit  MaydayterraneoDepuis le début de l’année, plus de 1 500 personnes sont mortes en Méditerranée. Proportionnellement au nombre des départs, les décès en mer ont augmenté cette année, conséquence directe de l’absence de navires humanitaires.

Les bénévoles disent ne pas craindre de poursuites - comme celles que connaît l’équipage du Iuventa, de l’ONG allemande Jugen Rettet accusé par l’Italie d’être de mèche avec les trafiquants libyens – ou d’immobilisation – comme le Lifeline, le Seefuchs, le Sea Watch 3 bloqués à Malte. "On estime qu’on respecte la loi, les droits de l’homme et le droit maritime international", conclut le porte-parole de "Maydayterraneo".

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À la date du 10 septembre 2018, aucun navire humanitaire n’est donc présent dans la zone de détresse, au large des côtes libyennes.

Les navires de sauvetage bloqués (dont les missions sont donc suspendues) :

-Le Lifeline est actuellement bloqué à Malte.

-Le Seefuchs est actuellement bloqué à Malte.

-Le Sea Watch 3 est actuellement bloqué à Malte.

-Le Iuventa est actuellement bloqué en Italie.

Les autorités maltaises arguent d’une irrégularité administrative concernant le Lifeline, le Seefuchs et le Sea Watch. Malte dit vouloir s’assurer que leurs papiers sont en règle avant de les laisser repartir en mer.

L'Italie a accusé il y a un an le Iuventa, de l'ONG allemande Jugen Rettet, d'être de mèche avec les trafiquants libyens. Le bateau est toujours immobilisé par les autorités italiennes.

Les navires qui ont cessé leur mission :

-Le Vos Hestia, de l’ONG Save the Children, a cessé sa mission en octobre 2017.

-Le Minden, de l'ONG Lifeboat, a cessé sa mission depuis l'été dernier.

-Le Golfo Azzurro, de l’ONG ProActiva, a cessé sa mission depuis l’été dernier.

-Le Prudence de Médecins sans frontières, a cessé sa mission en octobre 2017.

-Le Phoenix, de l’ONG Moas, est parti l’été dernier porter secours aux Rohingyas au large de la Birmanie.

-Open Arms, de l'ONG ProActiva, est parti fin août porter secours aux migrants au large du Maroc. 

 

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