Le camp de migrants à Nantes a été démantelé une seconde fois mercredi 20 septembre. Crédit : Reuters
Le camp de migrants à Nantes a été démantelé une seconde fois mercredi 20 septembre. Crédit : Reuters

Deux mois après une première évacuation des migrants du square Daviais dans le centre-ville de Nantes, les autorités ont procédé ce jeudi à une nouvelle "mise à l’abri" des sans-papiers après leur retour dans le même lieu.

Tôt jeudi matin, le campement du square Daviais dans le centre-ville de Nantes a été évacué pour la deuxième fois. Plus de 500 migrants étaient revenus y vivre. La décision avait été prise la veille par le tribunal administratif. Les autorités ont 48 heures pour mettre les sans-papiers à l’abri. Les services décentralisés de l’État et de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii) sont présents sur place.

Ce n’est pas la première fois que les autorités délogent des centaines de migrants du centre-ville de Nantes. Au mois de juillet déjà, une "mise à l’abri" avait été ordonnée mais une grande partie des migrants n’avaient pas eu accès à un hébergement, faute de places. La majorité des migrants à Nantes sont Soudanais, Tchadiens, Érythréens, Guinéens. 

Cette fois-ci, les autorités s’engagent à trouver des abris à la totalité des migrants du square Daviais. Le lieu est tenu secret pour "des raisons de sécurité évidentes et de réussite de l’opération", explique la mairie. "Si je vous dis où et quand on fait cela, on n’aura plus 600 migrants à loger mais le double", a plaidé l’avocat de la ville de Nantes. Les journalistes sur place évoquent des évacuations vers 4 gymnases de la ville : Léo-Lagrange, Joseph Paon, Raphael Le Bel, et La Géraudière. 

Les ONG sont sceptiques sur le succès du démantèlement. "En juillet, lors de la première expulsion, la préfecture nous avait fait le même genre de promesses orales, et au final tout le monde n’a pas été hébergé", a rappelé Me Stéphanie Rodrigues-Devesas, l’une des deux avocates des migrants et des associations qui les soutiennent.

La ville de Nantes a profité de l’audience de mercredi pour obtenir le concours des forces de l’ordre afin d’évacuer le camp. "Le nombre de migrants qui arrivent quotidiennement augmente de façon inquiétante ces dernières semaines", a dit l’avocat de la municipalité. "L’objectif de la ville, ce n’est pas de déplacer le problème mais de le régler : en juillet, une expulsion a déjà été ordonnée, et, trois mois plus tard, la situation est pire qu’avant."

Dans un entretien à Ouest-France, la maire de Nantes, Johanna Rolland, affirme qu’elle ne tolérera plus aucune occupation de l’espace public dans sa ville.


 

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