Matteo Salvini réclame des explications de Paris. Crédit : Reuters
Matteo Salvini réclame des explications de Paris. Crédit : Reuters

Le ministre italien de l’Intérieur, Matteo Salvini, a réclamé lundi 15 octobre des "réponses rapides et sans équivoque de la part de Paris" après le renvoi vendredi 12 octobre par des gendarmes français de deux migrants à la frontière italienne. Les autorités françaises parlent elles d’"incident".

Le torchon brûle entre le ministre italien de l’Intérieur, Matteo Salvini, et le président français Emmanuel Macron sur la question migratoire. Dernier événement en date, le renvoi manu militari par la France de deux migrants à la frontière italienne.

Retour sur les faits. Vendredi 12 octobre, la police italienne aperçoit un fourgon de la gendarmerie française à Clavière, ville frontalière italienne, qui fait descendre deux migrants dans une zone boisée. Les Italiens relèvent la plaque d’immatriculation du véhicule français et prennent des photos. Dans la foulée, le procureur de Turin ouvre une enquête.

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Un "incident" selon les autorités françaises

Face à la polémique qui enfle sur les réseaux sociaux tout le week-end, la préfecture des Hautes-Alpes reconnait lundi une "erreur, dont les circonstances doivent être clarifiées".

"L’incident est survenu vendredi matin dans le cadre d’une mission de reconduite à la frontière de personnes étrangères en situation irrégulière", a indiqué à l’AFP la préfète des Hautes-Alpes, Cécile Bigot-Dekeyzer.

"Un véhicule de la gendarmerie a franchi la frontière sans avertir la police italienne (…). C’est une erreur d’être passé en territoire italien sans autorisation de la police italienne. Les gendarmes n’avaient pas vocation à entrer sur le territoire italien", a-t-elle reconnu ajoutant qu’une enquête a été ouverte par l’IGPN et l’IGGN, les polices de la police et de la gendarmerie nationale.  

Les gendarmes à l’origine de cet incident "n’étaient arrivés dans le département des Hautes-Alpes que depuis quelques jours et ne connaissaient pas le terrain", s’est défendue Cécile Bigot-Dekeyzer.

Des "réponses rapides et sans équivoque de la part de Paris"

De son côté Matteo Salvini exige des "réponses rapides et sans équivoque de la part de Paris". "Incroyable. J’attends des développements. Je ne veux pas croire que la France de Macron utilise sa police pour débarquer clandestinement les immigrés en Italie", a réagi lundi le ministre italien et patron de la Ligue (parti d’extrême-droite) sur Facebook.

"Mais si quelqu’un pense vraiment nous utiliser comme le camp de réfugiés de l’Europe, en violant les lois, les frontières et les accords, il se trompe grossièrement", a ajouté Matteo Salvini.

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Depuis son arrivée au pouvoir en juin dernier, l’homme fort du gouvernement italien n’a de cesse de critiquer la France et sa politique migratoire. La semaine dernière, lors d’un sommet à Lyon réunissant les ministres de l’Intérieur des six pays les plus peuplés de l’Union européenne, le ministre italien a demandé à Emmanuel Macron "d’arrêter de nous insulter" suggérant que "peut-être, de temps à autre, peut-il rouvrir la frontière de Vintimille [ville à la frontalière italienne où des centaines de migrants attendent de pouvoir entrer illégalement en France, ndlr]".

Le président français n’est pas en reste. Il avait dénoncé en juin la "part de cynisme et d’irresponsabilité du gouvernement italien", après son refus d’accueillir plus de 600 migrants secourus par l’Aquarius.

 

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