Un camp de migrants à Tiznit au sud du Maroc. Crédit : DR
Un camp de migrants à Tiznit au sud du Maroc. Crédit : DR

La région de Tiznit, au sud du Maroc, devient une zone de départ pour de jeunes marocains qui prennent la mer vers les Canaries espagnoles, en dépit de la surveillance accrue des gardes-côtes.

Vingt-deux migrants sont portés disparus après le naufrage de leur embarcation au large du Maroc, près de la ville de Tiznit, située dans le sud du pays a indiqué dimanche 18 novembre l’agence de presse officielle marocaine MAP. Trois autres personnes de nationalité marocaine ont pu atteindre la plage en nageant et ont alerté les autorités. Ces dernières ont alors déployé d’importants moyens, aériens et maritimes, mais n’ont trouvé aucune trace du bateau et de ses passagers.

L’embarcation artisanale semblait se diriger vers les îles Canaries espagnoles, situées à une centaine de kilomètres des côtes marocaines, d’après des médias locaux. Aujourd'hui, la plupart des migrants qui passent par le Maroc cherchent plutôt à rejoindre l'Espagne par la Méditerranée occidentale, au niveau du détroit de Gibraltar. Toutefois la route migratoire vers les Canaries semble avoir été réactivée ces derniers mois.

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Des jeunes marocains de Tiznit cherchent à atteindre les Canaries

"Ce sont surtout des Marocains de la région de Tiznit qui prennent la mer vers les Canaries", explique à InfoMigrants Sarah Ganyah de l’association marocaine pour des droits humains (AMDH).

Une information confirmée par Mohamad Abaka, secrétaire général de l’association d’immigration et de développement. "Il existe une pression migratoire dans cette région mais des gardes-côtes marocains quadrillent la zone, aussi les passages sont rares", précise-t-il.

La route vers Ceuta et Melilla toujours très fréquentée

Si des départs par les côtes sud du Maroc vers les Canaries ont été constatés, la route du Nord vers Ceuta et Melilla reste toujours la plus fréquentée, plutôt par des migrants originaires d’Afrique subsaharienne, principalement originaires du Sénégal, de Guinée et de Côte d’Ivoire. "Ils sont plutôt connectés à des réseaux qui les font partir des côtes du nord du Maroc", explique Sarah Ganyah.

Depuis le mois d’août, ces migrants subsahariens sont refoulés de force par les autorités marocaines du nord vers les villes de Tiznit ou Safi au sud. Ils seraient actuellement 100 à 150 dans le sud du Maroc, mais leur nombre est fluctuant. Ils reprennent régulièrement le chemin du Nord, même après avoir été renvoyés."Ils mendient et d’autres travaillent pour récolter les 300 dirhams (environ 30 euros) qu’ils paient pour remonter vers Nador, proche de Melilla" précise Sarah Ganyah. Certains – dont des femmes – vivent actuellement dans un camp sauvage à l’entrée de Tiznit sans eau potable, a rapporté une source locale à InfoMigrants.

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