Capture d'écran de l'église Bethel, aux Pays-Bas. Crédit : Google street view
Capture d'écran de l'église Bethel, aux Pays-Bas. Crédit : Google street view

Depuis le 26 octobre, des pasteurs se relaient 24heures sur 24, 7jours sur 7, pour assurer des offices religieux dans l’église Bethel, à La Haye, où une famille arménienne a trouvé refuge après avoir reçu l’ordre de quitter le territoire néerlandais. Les policiers n’ont pas le droit d’entrer dans les lieux de culte si un office est un cours.

Un culte sans fin. Des pasteurs néerlandais ont trouvé un stratagème pour empêcher l’expulsion d’une famille arménienne, déboutée du droit d’asile, des Pays-Bas. Depuis le 26 octobre, l’église protestante Bethel, située à la Haye, célèbre des offices religieux 24heures sur 24, 7jours sur 7, bloquant ainsi l’entrée aux policiers.

En effet, aux Pays-Bas, la police n’a pas le droit d’entrer dans les lieux de cultes si un office est en cours. Des pasteurs se relaient donc nuit et jour pour assurer des services religieux et ainsi éviter que la famille Tamrazyan, installée au Pays-Bas depuis neuf ans, ne soit renvoyée dans son pays. "Au départ, on était un petit cercle. Aujourd’hui, il y a plus de 400 pasteurs qui viennent de tout le pays, mais aussi des membres d’autres églises comme l’église catholique romaine", déclare à InfoMigrants Theo Hettema, porte-parole de l’église Bethel et président du Conseil général des ministres du culte protestant.

Le père de la famille Tamrazyan qui compte trois enfants est un militant politique qui a fui l’Arménie après avoir reçu des menaces de mort. Après sept ans de procédure aux Pays-Bas, sa demande d’asile a été acceptée par un juge, mais le gouvernement néerlandais a fait appel de la décision. Les Tamrayzan ont tenté de postuler à un programme appelé "Children’s Pardon", qui permet à des familles, ayant séjourné plus de cinq ans sur le territoire, d’obtenir un permis de séjour. Mais leur demande a été rejetée. Selon le site Quartz qui relate cette affaire, depuis mai 2013, le gouvernement n’a accordé que 100 réponses positives au programme "Children’s Pardon" sur les 1 360 dossiers déposés.

La famille arménienne a alors trouvé refuge dans l’église Bethel, après avoir reçu l’ordre de quitter le territoire. "Nous agissons par compassion, par amour chrétien envers notre prochain et par sens des responsabilités : il est de notre devoir d’alerter notre gouvernement sur les besoins fondamentaux des êtres humains dans notre société", précise encore Theo Hettema.

Selon ce dernier, l’église de Bethel n’a pas prévu d’arrêter ses offices. Les religieux espèrent au contraire que ce mouvement permettra au ministre des Migrations d’utiliser ses pouvoirs discrétionnaires afin d’octroyer à cette famille un permis de résidence, comme il l’a déjà fait dans le passé.

 

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