L'Aquarius n'ira plus secourir les migrants en mer. Crédit : SOS Méditerranée
L'Aquarius n'ira plus secourir les migrants en mer. Crédit : SOS Méditerranée

Lors d'une conférence de presse vendredi 7 décembre à Paris, l'ONG SOS Méditerranée a affirmé qu'elle repartirait en mer début 2019 avec un nouveau navire humanitaire. L'Aquarius qui a cessé ses activités était à quai à Marseille depuis deux mois.

"Nous sommes plus forts que jamais". Lors d’une conférence de presse vendredi 7 décembre à Paris, l’ONG SOS Méditerranée s’est montré déterminée à retourner au large de la Libye "le plus vite possible, début 2019". La veille, jeudi 6 décembre, l'ONG a annoncé la fin des activités de l'Aquarius. SOS Méditerranée se dit épuisée, notamment, par "l'acharnement' des "États européens" qui ont tout fait pour mettre des bâtons dans les roues des ONG. 

"Nous allons, nous devons repartir en mer. C’est notre devoir moral et légal. Nous n’abdiquons pas", a déclaré Sophie Beau, fondatrice de SOS Méditerranée. Les humanitaires restent discrets sur les identités des armateurs et des États qui peuvent leur délivrer un navire et un pavillon, afin d’éviter "que la nouvelle option choisie soit hypothéquée, comme on l’a vu dans le passé", a signalé Frédéric Penard, directeur des opérations de SOS Méditerranée.

L’ONG est revenue longuement sur "la campagne de criminalisation" qu’elle subit depuis un an et demi. "Tous les moyens sont bons pour empêcher les sauveteurs de faire leur travail", a insisté Frédéric Penard. Depuis plusieurs mois, les bateaux humanitaires sont accusés par certains gouvernements d'être des "criminels", des "trafiquants d'êtres humains". "Le droit à la vie qui est inscrit dans l’article 3 de la Déclaration des Droits de l’Homme est cyniquement remis en cause par nos responsables politiques", a insisté Sophie Beau.

L'Aquarius, devenu le symbole de la crise politique autour de l'accueil des migrants, était privé de pavillon depuis deux mois. Le navire humanitaire qui a procédé à 240 opérations de sauvetage et sauvé près de 30 000 personnes depuis deux ans et demi, est amarré à Marseille depuis début octobre. Fin novembre, la justice italienne avait demandé le placement sous séquestre du navire pour une affaire de traitement illégal de déchets.

 

Et aussi