Une femme migrante à Crotone, en Calabre (sud de l'Italie). Crédit : ANSA / archive.
Une femme migrante à Crotone, en Calabre (sud de l'Italie). Crédit : ANSA / archive.

Suite à l'adoption d’un décret-loi durcissant l’immigration en Italie, vingt-quatre migrants bénéficiant d’un "titre de séjour humanitaire" ont été expulsés d’un centre d’accueil en Calabre, dans le sud de l’Italie. Ce statut ne permet plus d'accéder à un centre d'hébergement. Les associations s'alarment et cherchent des solutions d’urgence.

En Calabre, dans le sud de l'Italie, le décret anti-immigration de Matteo Salvini, adopté le 28 novembre, a été rapidement appliqué. Deux jours après, 24 migrants ont été expulsés de leur centre d’accueil (CARA d'Isola Capo Rizzuto) à la demande de la préfecture de Crotone, en Italie du sud. Ils ne bénéficiaient plus d’un droit au logement conformément au décret-loi. Pourquoi ? Parce que, selon la nouvelle loi, leur "titre de séjour humanitaire" n’existe plus et ne leur donne plus accès à un toit.

Le décret du Premier ministre italien supprime en effet le "titre de séjour humanitaire", valable deux ans. Il est désormais remplacé par d'autres permis comme celui de "protection spéciale", d'une durée d'un an, ou "catastrophe naturelle dans le pays d'origine", d'une durée de six mois.

>> À lire : "Que contient le décret anti-immigration adopté en Italie ?"

La protection humanitaire était généralement accordée aux personnes qui n'étaient pas éligibles au statut de réfugié mais qui ne pouvaient pas être renvoyées chez elles pour des raisons de sécurité - cela concernait par exemple les homosexuels fuyant des pays aux lois répressives à l'encontre de leur communauté. Au total en 2017, 25 % des demandeurs d'asile en Italie ont reçu un permis de séjour humanitaire, soit plus de 20 000 personnes.

"Ils se retrouvent sans solution"

Avec la nouvelle loi, les centres d’accueil sont désormais réservés aux seuls personnes ayant le statut de réfugié et aux mineurs non accompagnés. Autrement dit, les migrants anciennement sous protection humanitaire ne pourront plus y avoir accès, même avec leur nouveau statut.

"Ces 24 personnes ont reçu un titre de séjour régulier en Italie, mais leur prise en charge dans la première phase d'accueil (CARA) a expiré. Ils se retrouvent donc sans solution", précise à InfoMigrants le père Rino Le Pera, directeur du réseau Caritas dans la province de Crotone.

Parmi les expulsés, il déplore la présence "d'une famille avec une petite fille de 6 mois (voir photo ci-dessous), d'une jeune femme victime d'exploitation sexuelle, d'une autre ayant subi des violences physiques et d'un homme souffrant de problèmes de santé mentale".

 

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