Des migrants pakistanais passent leurs nuits dehors, dans la gare de Sarajevo. Crédit : InfoMigrants
Des migrants pakistanais passent leurs nuits dehors, dans la gare de Sarajevo. Crédit : InfoMigrants

L’organisation internationale des migrations (OIM) a déclaré fournir suffisamment de places d’accueil pour les migrants présents en Bosnie. La Croix-Rouge, pourtant, affirme qu'elle a besoin de davantage de moyens pour faire face aux besoins des migrants restés dans les camps de fortune, et exposés au froid glacial de l'hiver.

Selon l’Organisation internationale des migrations (OIM), les milliers de migrants actuellement présents en Bosnie peuvent avoir accès à une place d’hébergement, et ainsi passer l'hiver au chaud. "Nous avons mis en place suffisamment de structures pour accueillir les personnes à la rue", a déclaré à InfoMigrants Peter Van der Auweraert, le responsable de l’OIM, en Bosnie, avec exemple à l'appui. "Les migrants de Velika Kledusha ont tous été relogés, ils ont été placés dans un centre humanitaire de 600 places", précise-t-il. Pendant des mois, la ville de Velika Kledusha, à quelques kilomètres seulement de la frontière croate, a abrité un campement sauvage de centaines de migrants. Les conditions de vie y étaient très précaires, exposant les migrants aux intempéries, à la boue, et au froid.

À Bihac, non loin de Velika Kledusha, le centre de Borici, qui a abrité des centaines de migrants durant plusieurs mois, fait peau neuve et devrait être en capacité d'accueillir très prochainement des centaines de migrants. L'immeuble jusque là abandonné était particulièrement insalubre. "Le nouveau Borici devrait accueillir 500 personnes, principalement des familles de migrants. Et il devrait ouvrir d'ici les fêtes de fin d'année", précise Peter Van Auweraert. 

>> À relire : "Il n'y a pas pire qu'ici", dans le nord de la Bosnie, les migrants vivent dans des conditions effroyables (4/4)


"La nuit, les températures descendent jusqu'à -15 degrés" 

En dépit du constat positif de l'OIM, la Croix-Rouge est inquiète. "La récente réinstallation des migrants dans des structures plus sûres et loin des camps sauvages est une évolution positive, mais nous pensons que la situation reste imprévisible", explique à InfoMigrants Elkhan Rahimov, un responsable de la Fédération internationale de Croix-Rouge (FICR). "La dynamique des arrivées peut varier. Nous restons vigilants quant au fait que des migrants peuvent quitter les centres d'hébergement et choisir de retourner à la rue." 

Certaines personnes préfèrent en effet rester non loin de la frontière croate pour tenter de passer la nuit. "Mais le soir et la nuit, les températures descendent jusqu’à -15 degrés Celsius", rappelle Elkhan Rahimov. "Ces personnes ont besoin de couvertures, de vêtements chauds. Face à ce constat, la FICR de Bosnie a lancé lundi un appel de 3,3 millions de francs suisses (2,9 millions d'euros). 

>> À relire : En Bosnie, des migrants renoncent aux centres d'accueil pour ne pas retarder leur passage en Croatie (2/4) 

"Par le biais de l'appel d'urgence, nous souhaitons attirer l'attention sur un problème humanitaire crucial qui ne disparaîtra pas dans les mois à venir", conclut-il. 

Auparavant évitée par les migrants, la Bosnie est confrontée depuis cette année à un afflux qu'elle peine à gérer. Depuis janvier, plus de 23 000 sont entrés dans ce pays.

 

Et aussi