Image d'illustration d'arrivée de migrants en Allemagne en 2015. Crédit : Picture Alliance
Image d'illustration d'arrivée de migrants en Allemagne en 2015. Crédit : Picture Alliance

Des réfugiés arabes arrivés en Allemagne depuis 2015 sont devenus la cible de clans mafieux d’origine libanaise. Ces organisations familiales recrutent en effet parmi cette population des hommes jeunes et forts physiquement qui "n’ont pas encore eu affaire à la justice", précise Benjamin Jendro, du syndicat de police GDP. Avec des casiers vierges, "s’ils sont pris, ils n’iront pas en prison".

En Allemagne, des clans mafieux d’origine libanaise profitent de la détresse des réfugiés pour les embrigader dans leurs réseaux criminels. Ces organisations familiales se sont appuyées sur l’important flux de migrants arrivés ces dernières années dans le pays.

En effet, depuis 2015, plus d’un million de personnes, pour beaucoup arabophones, ont débarqué en Allemagne sans en parler la langue, et en quête d’un emploi pour subvenir à leurs besoins. Ces demandeurs d’asile constituent un vivier de recrutement presque sur mesure pour des clans familiaux eux-mêmes arrivés du Liban sans argent trois décennies plus tôt.

Ces organisations familiales "cherchent à faire faire le sale travail par d’autres", comme la vente de drogues ou des petits cambriolages, explique à l’AFP Benjamin Jendro, du syndicat de police GDP. Dans le viseur des clans, on trouve essentiellement des hommes jeunes et forts physiquement et qui "n’ont pas encore eu affaire à la justice, poursuit-il. S’ils sont pris, ils n’iront pas en prison".  

Les "clans arabes", comme les surnomme la presse allemande, se sont illustrés par leur audace, multipliant les casses téméraires, les meurtres commandités ou les démonstrations de force. Les premières pages des journaux locaux en sont régulièrement remplies.

Les familles mafieuses puisent leurs racines au Liban et sont arrivées en Allemagne à la faveur de la guerre civile à partir de la fin des années 1970. À l’époque, aucune politique d’intégration n’était mise en œuvre.

Une douzaine de familles

Ces personnes, d’origine palestinienne ou issues d’une minorité arabophone de Turquie réfugiés au Liban, étaient en outre considérées comme apatrides et n’obtenaient pas de permis de travail.

Elles "n’ont pas eu accès ici à l’éducation ou au travail", autant de facteurs qui favorisent le basculement dans la délinquance, analyse Mathias Rohe, chercheur à l’université bavaroise Friedrich-Alexander d'Erlangen-Nürnberg. Ce dernier pointe également du doigt "les structures patriarcales extrêmement fermées" qui se sont mises en place.

Aujourd’hui, ces clans sont formés par une douzaine de familles, selon la police. Ils contrôlent une partie du trafic de drogue et des réseaux de prostitution à Berlin, et opèrent essentiellement dans les quartiers de l’ouest de la capitale allemande.

Ces réseaux mafieux ont notamment attiré l’attention du public avec le vol en mars 2017 d’une pièce d’or de 100kg dans un musée à Berlin. Trois membres d’une famille ont finalement été inculpés en octobre dernier mais restent en liberté.

Si ces groupes ont pu agir avec autant d'impudence, c'est que les autorités ont fait preuve de négligence, notamment de peur d'être accusées de racisme, estiment des experts.

 

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