La Première ministre britannique Theresa May parle à des agents de la Force frontalière à l'aéroport Heathrow, à Londres, le 19 décembre 2018. Crédit : AFP
La Première ministre britannique Theresa May parle à des agents de la Force frontalière à l'aéroport Heathrow, à Londres, le 19 décembre 2018. Crédit : AFP

Le gouvernement britannique a publié mercredi 19 décembre son livre blanc sur le système d’immigration qu’il compte mettre en place après le Brexit. Il donnera la priorité aux personnes qualifiées, qui devront justifier d’un salaire minimum autour de 33 000 euros par an et mettra en place un dispositif spécial pour le recrutement de travailleurs saisonniers. Mais ces mesures, annoncées à 100 jours du divorce avec l’UE, ont suscité beaucoup de critiques notamment de la part de certains secteurs économiques qui craignent des pénuries de main-d'oeuvre.

Avec notre correspondant Londres, Muriel Delcroix

Au Royaume-Uni, 98% des biens de consommation sont livrés par camions. Or l’industrie des transports et de la logistique souffre d’une pénurie de routiers alors qu’elle peine à attirer les plus jeunes. Résultat : le secteur recrute un très grand nombre de travailleurs européens, environ 200 000 actuellement.

La volonté de mettre un frein aux employés peu qualifiés fait donc bondir Richard Burnett, président de l’Association de Transport routier qui représente l’ensemble de l’industrie : « Nous ne sommes pas contents que seuls les employés qualifiés soient prioritaires. Notre industrie dépend énormément de travailleurs peu qualifiés étrangers, car la taxe d’apprentissage pour former les jeunes britanniques n’est pas efficace. Parallèlement à ça, on a un taux de chômage historiquement bas : où va-t-on trouver de la main-d’œuvre ? ».

D’autres secteurs s’inquiètent aussi comme la construction, la restauration, mais aussi les hôpitaux où les compétences élevées des médecins et infirmières ne sont pas forcément synonymes de hauts salaires. Prompts à réagir, leurs représentants, comme Richard Burnett, demandent au gouvernent de revoir d’urgence sa copie : « Il faut que ces règles soient assouplies parce que sinon c’est l’ensemble de l’économie britannique qui va en pâtir. Si nous ne pouvons pas livrer leurs produits aux supermarchés ou aux entreprises, l’impact sera extrêmement négatif. »

Les mesures annoncées étaient déjà un compromis durement négocié au sein d’un gouvernement divisé au sujet de la limitation de l’immigration et il est possible que ce système soit revisité avec quelques aménagements dans quelques mois.

Texte initialement publié sur : RFI

 

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