Bateau de migrants traversant la Manche. Crédit : National crime agency
Bateau de migrants traversant la Manche. Crédit : National crime agency

Londres a réagi jeudi 27 décembre aux nombreuses tentatives de traversées de la Manche qui ont lieu depuis plusieurs semaines. La secrétaire d'État britannique à l'Immigration a jugé cette hausse "profondément inquiétante".

La secrétaire d'État britannique à l'Immigration, Caroline Nokes, a jugé "profondément inquiétante" jeudi 27 décembre la multiplication des tentatives de traversée de la Manche par des migrants. "Une part (de ce trafic) est clairement facilitée par des groupes criminels, tandis que d'autres tentatives semblent opportunistes", a-t-elle ajouté.

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Neuf nouvelles personnes, d’origine iranienne, sont parvenues à atteindre la plage de Sandgate, dans le Kent, au cours de la nuit du mercredi 26 au jeudi 27 décembre. Arrivées à bord d'un canot pneumatique à moteur, elles ont rapidement été interpellées.

"Notre hélicoptère de sauvetage est parvenu à identifier les personnes sur la plage et c'est là que nous avons compris qu'elles étaient saines et sauves. La police a pris les choses en main", a déclaré à l'AFP le responsable de la station de sauvetage en mer de Littlestone, Matt Crittenden.

Durant la même nuit, onze autres personnes ont été interpellées à bord d’une embarcation au large de Sangatte, dans le nord de la France.

En début de matinée jeudi, six hommes iraniens ont atteint une plage de Douvres à bord d'un bateau pneumatique, avant que la police des frontières (PAF) ne les interpelle. Quinze minutes plus tard, la PAF a intercepté huit autres hommes iraniens au large de Douvres.

Plus de 50 personnes interceptées depuis décembre

Les tentatives de traversées de la Manche se multiplient depuis le mois d’octobre depuis les côtes du Pas-de-Calais. Six sauvetages ont été effectués le jour de Noël, pour un total de 40 personnes secourues. Depuis début décembre, plus de 50 migrants ont déjà été interceptés en mer.

"Nous entretenons des contacts étroits et continus avec les autorités françaises et les partenaires des autorités, notamment via le nouveau centre de coordination et d'information franco-britannique ouvert à Calais à la fin du mois dernier, pour lutter contre la criminalité à la frontière", a souligné Caroline Nokes.

Les autorités du Pas-de-Calais soupçonnent des réseaux de passeurs d’être à l’origine de cette multiplication des tentatives de traversée. Les vols de bateaux ont augmenté dans les ports de la Côte d’Opale ces derniers mois.

Les autorités soulignent également la dangerosité d’une traversée de la Manche en raison de la densité du trafic maritime, les forts courants et la faible température de l'eau.

Le président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand (ex-LR), a annoncé vendredi qu'il souhaitait la mise en place d'"une patrouille commune de gardes-côtes" franco-britannique pour empêcher les migrants de traverser la Manche et "éviter un drame".  Selon lui, des navires et moyens humains supplémentaires pourraient être "co-financés" ou même "financés uniquement par les Britanniques au titre des accords de Sandhurst" de janvier 2018, qui prolongent ceux du Touquet entrés en vigueur en 2004. "On pourrait aussi mobiliser les nouvelles technologies, comme les drones", a-t-il déclaré à l'AFP.


 

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