Des migrants sur un campement de Calais, en décembre 2018. Crédit : Mehdi Chebil
Des migrants sur un campement de Calais, en décembre 2018. Crédit : Mehdi Chebil

C’est une nouveauté prévue par la loi asile et immigration votée en septembre : à partir de janvier 2019, l’Ofii pourra promouvoir l’aide au retour volontaire auprès des migrants détenus en centres de rétention administrative (CRA). Un objectif de 3000 retours volontaires a été fixé par l’État pour l'année 2019.

Dans le cadre de la loi asile et immigration votée en septembre 2018, l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii) pourra promouvoir l’aide au retour volontaire auprès de migrants détenus en centres de rétention administrative, déboutés du droit d’asile et en instance d’expulsion. Didier Leschi, directeur général de l’Ofii, fait le point sur cette nouveauté.

Cette solution n’était pas proposée aux personnes détenues dans ces centres auparavant ?

L’Ofii a toujours été présent dans le cadre de l’accompagnement des personnes détenues en centre de rétention. Mais, avant, il n’était pas prévu dans les textes que nos agents puissent leur proposer l’aide au retour volontaire. La loi asile et immigration, adoptée en septembre 2018, a apporté cette modification. Désormais, cela fera partie des informations complémentaires données par l’Ofii dans les centres et cela sera ensuite aux migrants de nous solliciter pour en bénéficier. Il est toujours préférable que les personnes soient dans une démarche de retour volontaire plutôt que de retour forcé.

>> À relire : L’Ofii lance un nouveau site internet pour promouvoir "l’aide au retour volontaire"

Quelle sera la nature de cette aide ?

L’aide est essentiellement un pécule de 650 euros qui est remis à la personne sous la forme d’une carte qui ne sera activable qu’une fois arrivée dans son pays d’origine. Le billet retour est également pris en charge. Cette aide au retour n'est pas une aide à la réinsertion *. 

Quelles personnes pourront bénéficier de l’aide au retour volontaire depuis les centres de rétention ?

Toutes les personnes venant de pays soumis à visa peuvent solliciter l’aide au retour volontaire. C’est-à-dire que les personnes qui peuvent rentrer en Europe sans visa, les Albanais et les Géorgiens notamment, ne pourront pas en bénéficier. Nous n’avons pas encore commencé la sensibilisation dans les centres de rétention, nous allons débuter progressivement. Nous nous fixons un objectif de 3 000 retours volontaires dans l’année 2019.

*L’aide au retour volontaire et à la réinsertion peut être sollicitée auprès de l’Ofii à tout moment avant d’être en centre de rétention. L’Ofii finance alors le retour du migrant dans son pays, mais également un projet qu’il aura construit et que l’Ofii aura validé.


 

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