L'autoroute aux abords de Calais est désormais grillagée pour éviter aux migrants d'installer des barrages, mais certains y parviennent tout de même. Crédit : InfoMigrants (archive)
L'autoroute aux abords de Calais est désormais grillagée pour éviter aux migrants d'installer des barrages, mais certains y parviennent tout de même. Crédit : InfoMigrants (archive)

Le chauffeur d’un camion qui roulait sur l’autoroute A16 près de Calais a pris feu après avoir tenté de traverser un barrage artisanal installé par des migrants. Ce genre de constructions, qui surgissent souvent la nuit, forcent les poids-lourds faisant route vers l’Angleterre à ralentir pour que les migrants puissent s’y agripper.

Un poids-lourd s’est embrasé dans la nuit du lundi 7 au mardi 8 janvier en forçant un barrage en feu qui avait été installé par des migrants sur l’autoroute A16, au niveau de la commune de Marck, près de Calais, dans le Pas-de-Calais.

Selon France 3 Hauts-de-France, le barrage a été installé par une cinquantaine de migrants, un chiffre confirmé dans un tweet par la police. La chaîne locale rapporte aussi, citant une source anonyme, que le chauffeur du camion aurait été agressé mais pas blessé.

Radio 6, un autre média local, précise que le chauffeur est “d’origine bulgare” et que son agression a eu lieu en sortant de sa cabine tandis que le camion prenait feu. “Les migrants ont pris la fuite avant l’arrivée de la police [...] Le chauffeur blessé a été transporté à l’hôpital. Le poids-lourd complètement détruit transportait des bacs à douche et du matériel ascenseur”, écrit Radio 6.

Ce genre de barrages artisanaux composés de branchages, de pneus ou encore de palettes sont disposés en travers de la route pour forcer les camions à ralentir permettant ainsi aux migrants de grimper dans le véhicule et tenter de rejoindre l’Angleterre par ce biais. La préfecture du Pas-de-Calais a recensé 865 barrages en 2016 contre 45 en 2017 et 26 en 2018. 

“On constate qu’il y a moins de barrage de ce genre qu’avant, ça faisant longtemps qu’on en n’avait pas entendu parler… Mais ce nouvel incident prouve qu’il n’y a pas que les traversées en mer qui posent problème”, commente Maya Conforti de l’association l’Auberge des migrants, jointe par InfoMigrants.

Un conducteur tué en 2017

La bénévole, qui est au contact quasi quotidiennement des migrants à Calais, explique que ce sont surtout “des Africains qui utilisent ce mode de passage” vers l’Angleterre car “ils n’ont généralement pas d’argent pour payer une traversée de la Manche à un passeur contrairement aux Iraniens”, affirme-t-elle. Environ 400 migrants vivent actuellement à Calais et aux alentours, selon la préfecture.

“Les migrants savent bien que ce genre de barrage autoroutier ou qu’une traversée de la Manche c’est excessivement dangereux. Mais la situation à Calais est devenue tellement insupportable psychologiquement, qu’ils agissent quand même”, poursuit la bénévole qui déplore des “opérations de nettoyage” des CRS tous les deux jours environ. “Encore ce matin, la police a démantelé un campement d’Iraniens”, ajoute-t-elle.

>> À (re)lire sur InfoMigrants : La Royal Navy dépêche un navire dans La Manche pour contrer les migrants

Ce n’est pas la première fois qu’un barrage de fortune provoque un accident de la sorte. En juin 2017, le conducteur d'une camionnette est même décédé dans un accident survenu à un barrage de migrants sur l'autoroute A16, à hauteur de Guemps, à 15 km de Calais.

À l’époque, neuf migrants de nationalité érythréenne avaient été interpellés dans l'un des poids lourds bloqué par le barrage et placés en garde à vue.

 

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