Explosion de joie à bord du Sea Watch 3 à  l'annonce du débarquement imminent à Malte. Capture d'écran de Twitter.
Explosion de joie à bord du Sea Watch 3 à l'annonce du débarquement imminent à Malte. Capture d'écran de Twitter.

Après avoir trouvé un accord avec une dizaine de pays européens, Malte a finalement autorisé le débarquement dans son port des 49 migrants secourus fin décembre au large de la Libye par des navires humanitaires.

"Un accord ad hoc a été trouvé", a déclaré lors d’une conférence de presse le Premier ministre maltais, Joseph Muscat, mercredi 9 janvier. "Sur les 249 [migrants] présents à Malte et les 49 à bord du Sea-Watch et du Sea-Eye, 220 personnes seront répartis dans d’autres pays membres ou rentreront dans leur pays d’origine".

Depuis 19 jours, Malte refusait de laisser débarquer dans son port 32 migrants secourus au large de la Libye le 22 décembre par l’ONG allemande Sea-Watch, ainsi que 17 autres secourus le 29 décembre par une autre ONG allemande, Sea-Eye. La semaine dernière, ils avaient cependant pu s’abriter du mauvais temps dans les eaux maltaises

Une déclaration qui n’a pas manqué de faire réagir Sea-Watch avec ironie. "Quelle épreuve de répartir 32 personnes ! Nous nous excusons profondément pour les inconvénients que l’équipage et les migrants ont causé aux ministres de l’UE", a twetté l’ONG allemande. À bord, la nouvelle a été accueille par des cris de joie. 

Plusieurs pays européens avaient accepté d’accueillir ces 49 personnes, mais Malte demandait également un accord "global" incluant 249 autres migrants recueillis ces derniers jours par les autorités maltaises.

Malte ne veut pas devenir la "porte d'entrée de l'Europe"

Redoutant de voir les arrivées dans ses eaux se multiplier à l’avenir et de devenir la principale porte d’entrée des migrants en Europe – l’Italie ayant fermé ses ports aux navires humanitaires – Malte ne voulait pas d’une solution "à court terme et réclamait une réponse "plus complète et globale", avait expliqué à l’AFP une source gouvernementale.

Les 49 migrants secourus par les ONG allemandes fin décembre doivent être transférés "dès que possible" sur des vedettes de la marine maltaise, qui les conduiront dans la capitale maltaise. Malte a prié les deux navires humanitaires de s’éloigner "immédiatement".

"Nous avons travaillé jour et nuit pour permettre ce débarquement"

Les migrants seront répartis entre l’Allemagne, la France, le Portugal, l’Irlande, la Roumanie, le Luxembourg, les Pays-Bas et l’Italie, a précisé Joseph Muscat. Malgré l'annonce, la question de l'accueil fait encore débat à Rome. Le ministre de l’Intérieur, Matteo Salvini, s’oppose farouchement à tout débarquement, mais le chef du gouvernement, Giuseppe Conte, s’est dit prêt à aller chercher les migrants "en avion".

Parallèlement, 44 Bangladais du groupe des migrants déjà présents à Malte seront renvoyés dans leur pays, La Valette estimant qu’ils n’ont pas de raison d’y demander l’asile. Au final, 78 des migrants secourus par Malte resteront sur l’île.

"Malte n’a jamais fermé ses ports et reste un port sûr. Nous voulons simplement que tous respectent les règles internationales que nous n’avons pas créées, nous", a assuré le Premier ministre maltais.

"Il ne s'agit pas d'un discours contre les ONG"

"Nous voulions faire passer un message politique fort, à savoir que le fardeau devait être partagé car il s’agit d’un problème européen. Il ne s’agit pas d’un discours contre les ONG, nous voulons simplement que tous suivent les règles", a-t-il insisté.

Le Commissaire européen chargé des migrations, Dimitri Avramopoulos, s’est réjoui qu’une solution ait été trouvée pour permettre aux migrants de débarquer et a salué le geste de solidarité de Malte et des États membres. "Nous avons travaillé jour et nuit pour permettre ce débarquement qui fut compliqué", a-t-il dit.

 

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