L'Open Arms est bloqué au port de Barcelone. Credit : picture-alliance
L'Open Arms est bloqué au port de Barcelone. Credit : picture-alliance

L’Open Arms, qui devait retourner au large de la Libye le 8 janvier, est bloqué à quai à Barcelone, suite au refus des autorités espagnoles de le laisser prendre la mer. Le gouvernement estime que l’ONG contrevient aux normes internationales de sauvetage en mer.

"De nouveau bloqués au port. La capitainerie de Barcelone [qui dépend du ministère espagnol de l’Équipement, ndlr] refuse à l’Open Arms l’autorisation de partir vers la Méditerranée", a tweeté lundi 14 janvier l’ONG espagnole Proactiva Open Arms.

Après avoir fait le plein de provisions en Espagne, suite à son débarquement en Andalousie le 28 décembre avec 311 migrants secourus au large de la Libye, le navire devait repartir le 8 janvier. Mais les autorités portuaires le lui ont interdit, affirmant que l’ONG violait les normes internationales en matière de sauvetage en mer, a expliqué à l’AFP une porte-parole de Proactiva Open Arms.

Selon le document envoyé à l’ONG et que le site d’informations espagnol Eldiario s’est procuré, "le navire est contraint de naviguer pendant plusieurs jours, traversant la Méditerranée, pour débarquer les personnes sauvées en mer loin du lieu du sauvetage". Ce qui, selon le gouvernement espagnol, déroge aux procédures relatives aux opérations de sauvetage régies par la réglementation internationale.

Ce qui est en cause ici est le fait que l’Open arms a débarqué des migrants en Espagne alors que des ports sûrs étaient plus proches de sa situation géographique au moment du sauvetage, notamment en Italie et à Malte. Des pays dont les autorités refusent d’ouvrir leurs ports.

L'Espagne bloque ainsi le départ de l’Open Arms "jusqu’à ce qu’un accord pour le débarquement des migrants soit conclu avec les pays les plus proches de la SAR zone [zone de recherche et de sauvetage au large de la Libye, ndlr]", à savoir Malte et l’Italie.

"Nous empêcher de sauver des vies est irresponsable et cruel. Des politiciens lâches mettent en marche le compteur de morts", a dénoncé sur Twitter le fondateur de l’ONG, Oscar Camps.

Arrivé au pouvoir en juin et décidé à accueillir des migrants, le chef du gouvernement socialiste Pedro Sanchez a depuis opéré un virage politique.

En juin, il avait ouvert un port espagnol à l’Aquarius face au refus italien et maltais d’accueillir ce navire de sauvetage avec plus de 600 migrants à son bord. Puis, il a accueilli à trois reprises l’Open Arms, mais en août il a refusé de recevoir à nouveau l’Aquarius. Depuis, il n’a ouvert un port qu’à un seul navire humanitaire, l’Open Arms, fin décembre.

Les politiques migratoires restrictives de l’Italie et de Malte, et l’accord entre l’Union européenne et la Libye pour limiter les flux migratoires en provenance de ce pays, ont contribué à faire de l’Espagne la première porte d’entrée de l’immigration illégale en 2018, avec plus de 55 000 arrivées par voie maritime selon le Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR).

 

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