Des migrants secourus en Méditerranée arrivent au port de Malaga en Espagne, le 15 janvier 2018. Crédit : Reuters / Jon Nazca
Des migrants secourus en Méditerranée arrivent au port de Malaga en Espagne, le 15 janvier 2018. Crédit : Reuters / Jon Nazca

Le gouvernement marocain affirme avoir arrêté 89 000 candidats à l’immigration illégale en 2018. Devant la fermeture des ports italiens, de plus en plus de migrants tentent de gagner l’Europe via les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla au Maroc ou en traversant le détroit de Gibraltar.

Devenu l’un des principaux points de passage des migrants d’Afrique subsaharienne en route pour l’Europe, le Maroc a stoppé 89 000 migrants clandestins en 2018, a annoncé son ministère de l’Intérieur, jeudi 17 janvier.

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La fréquentation de la route migratoire reliant le Maroc à l'Espagne a explosé depuis que l'Italie a fortement durci sa politique migratoire, notamment en fermant ses ports aux bateaux de secours humanitaires. La coopération entre l'Union européenne et les garde-côtes libyens (qui interceptent et rapatrient de plus en plus de migrants vers l’enfer de la Libye) incite aussi à favoriser la route via le Maroc.

L’Espagne est devenue l’année dernière la première porte d’entrée des migrants en Europe, avec plus de 55 000 arrivées en 2018, contre un peu plus de 24 000 en Italie. Certains migrants tentent d'entrer en Europe en se rendant dans les enclaves espagnoles de Melilla et de Ceuta. Mais l’option la plus pratiquée par les migrants est la traversée des 14 km du détroit de Gibraltar depuis les côtes nord du Maroc sur des embarcations souvent inadaptées.

80 % d’étrangers parmi les migrants interceptés par le Maroc

Si la plupart des migrants recensés par le Maroc sont des Africains d’origine subsaharienne, des Marocains voulant fuir leur pays sont également arrêtés - près de 20% d'entre eux. Presque 30 000 migrants ont été sauvés en mer. En outre, les autorités marocaines disent avoir démantelé 229 réseaux de passeurs en 2018.

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Devant cet afflux de migrants, la situation est particulièrement tendue au Maroc. Les autorités sont de plus en plus critiquées pour leur mauvais traitement des migrants, notamment lors de convois d'éloignement forcé réalisés dans des conditions douteuses. Sous pression, la marine royale oscille entre des opérations dites de sauvetage en mer et la répression. Au cours des derniers mois, elle a tiré, à deux reprises, à balles réelles sur des migrants, faisant un mort.

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S'exprimant lors d'une conférence de presse à Rabat jeudi, la Haute représentante de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a déclaré que l'UE avait déjà transféré 30 millions d'euros sur les 140 millions promis au Maroc pour l'aider à lutter contre les migrations clandestines.

 

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