Au Danemark, la loi sur la confiscation des biens des migrants, a fait un tollé lors de son adoption en 2015. Crédit : Picture-alliance
Au Danemark, la loi sur la confiscation des biens des migrants, a fait un tollé lors de son adoption en 2015. Crédit : Picture-alliance

Trois ans après son adoption, la loi sur la confiscation des biens des migrants n’a été appliquée qu’une dizaine de fois au Danemark. Aucun bijou n’a été saisi. La mesure avait provoqué un tollé un Europe.

Aucun bijou n'a été confisqué au Danemark depuis l'adoption de la loi controversée permettant la saisie des biens de valeur des migrants entrant dans le pays, a indiqué jeudi 24 janvier la police.

Une voiture, d'une valeur d'environ 100 000 couronnes (13 400 euros), et quelque 186 800 couronnes (25 000 euros) ont été interceptées depuis le 26 janvier 2015, date de l'adoption de la loi, qui n'a été utilisée que dix fois, selon les statistiques officielles, présentées à l'AFP.

La mesure qui, à l’époque de son vote, avait fait bondir les associations de défense de droits de l’Homme et le Haut-commissariat aux réfugiés de l’ONU (HCR), autorise concrètement la police à fouiller les bagages des migrants afin de saisir l’argent liquide et les objets de valeur d’un montant supérieur à 10 000 couronnes (1 340 euros). Sont exemptés les objets à forte valeur sentimentale, comme les alliances, ou les objets reconnus nécessaires, comme les portables ou les montres.

"C'est une question de principe, si on peut subvenir à ses besoins, il faut le faire. C'est valable pour les Danois et c'est valable pour les réfugiés qui viennent ici", a écrit la ministre à l'Immigration et l'intégration, Inger Støjberg à l'agence locale Ritzau.

>> À relire : Inger Stojberg, la Dame de fer danoise qui ne voulait pas de migrants dans son pays

Cette disposition controversée, comparée par le Washington Post à la spoliation des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, fait surtout partie d'une réforme destinée à réduire le flux migratoire au Danemark.

En décembre, 180 demandes d'asile ont été déposées dans le pays, le nombre le plus faible depuis 2008.

Sur l'ensemble de l'année 2018, 3 500 personnes ont demandé l'asile. Elles étaient plus de 21 000 en 2015.


 

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