Des marcheurs dans les Alpes. Crédit : Pixabay
Des marcheurs dans les Alpes. Crédit : Pixabay

Trois migrants ont été secourus à Montgenèvre, cette semaine, alors qu’ils tentaient de passer d’Italie en France. Des militants déplorent les "chasses à l'homme" dont sont victimes les migrants dans la montagne lors du passage de la frontière.

Mardi 22 janvier, dans l’après-midi, trois migrants qui tentaient la traversée de la frontière italo-française à pied, entre Claviere (en Italie) et Montgenèvre (en France), ont été secourus après avoir appelé le 112, le numéro d’urgence. Ils ont été retrouvés sous un télésiège en haut des pistes. La même semaine, sept personnes ont été emmenées à l’hôpital pour des engelures.

Avec les températures glaciales de ces derniers jours, les traversées de la frontière par les Alpes inquiètent les associations d'aide aux migrants qui organisent des maraudes dans la montagne pour leur porter secours. La nuit, elles descendent à - 15 degrés "mais avec le vent le ressenti tourne plutôt autour de - 20 degrés", explique Thomas*, un militant qui participe aux maraudes dans la montagne.

Plus que le froid, c'est surtout la pression policière qui inquiète les militants. "La présence de la police est devenue insupportable. Tous les soirs, là haut, c’est la chasse à l’homme", confie Thomas*. "Il y a des courses-poursuites en montagne entre les policiers et les migrants, il y a des chiens qui effraient les migrants. On nous raconte des choses invraisemblables."

Pour les militants, c’est à cause de ce "harcèlement" policier, que les migrants "finissent en haut des sommets sous des télésièges". "La police pousse les migrants à se mettre en danger… Même ceux qui sont équipés pour faire face au froid risquent le pire. Quand vous fuyez la police, que vous creusez un trou dans la neige, la nuit, pour vous cacher, les risques de mourir sont grands".

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La traversée entre l'Italie et la France peut prendre plusieurs heures, en fonction des trajets empruntés et de la forme physique des migrants. Entre Claviere et le Refuge de Briançon, il y a environ 17 km. Trois heures de marche sont nécessaires.

Le harcèlement des forces de l'ordre concerne également les militants, ajoute Thomas. Mardi, la nuit où les trois migrants ont été secourus, les maraudeurs ont été incapables de travailler. "Ils n’ont rien pu faire, ils ont été contrôlés plusieurs fois, ils ont été victimes d’intimidation. Ils ont fini par rebrousser chemin", explique Thomas.

L’association Tous Migrants déplore la multiplication des contrôles des militants associatifs, notamment lors des maraudes. "On nous met des amendes de stationnement, des amendes pour véhicules défectueux. On nous met des bâtons dans les roues", dénonce encore Thomas.

Au mois de décembre, sept militants ont été condamnés par la justice. Le parquet leur reprochait d’avoir facilité, le 22 avril, l’entrée en France d’une vingtaine de migrants mêlés aux manifestants en forçant un barrage dressé par les forces de l’ordre.

*Le prénom a été changé

 

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