Photo du Sea-Watch en pleine tempête le 24 janvier 2019. Crédit : Sea-Watch / Twitter
Photo du Sea-Watch en pleine tempête le 24 janvier 2019. Crédit : Sea-Watch / Twitter

Le gouvernement italien n'en démord pas : le Sea-Watch n’est pas autorisé à débarquer ses 47 migrants rescapés. Pris dans une forte tempête, le navire humanitaire a tout de même trouvé refuge près du littoral sicilien, sans toutefois entrer dans un port.

Sept jours d’errance en mer et le navire humanitaire Sea-Watch n’a toujours pas reçu l’autorisation de débarquer ses 47 migrants rescapés dans un port européen. Pour s’abriter du mauvais temps, le bateau a été uniquement autorisé à jeter l'ancre près des côtes italiennes, “à 1,4 mile des ports d’Augusta, Marina di Melilli et Syracuse” en Sicile, a indiqué l’ONG allemande sur Twitter dans la nuit du 24 au 25 janvier.

Le Sea-Watch traverse actuellement “un cyclone méditerranéen”, ajoute-t-elle. “Il s’agit d’un phénomène climatique rare avec des vagues de sept mètres, de la pluie et des vents glacés”. La situation à bord est très pénible pour l’équipage comme pour les rescapés parmi lesquels se trouvent huit mineurs non accompagnés. Certains sont malades et beaucoup sont très angoissés par l’attente, a confié Sea Watch à InfoMigrants.

Malgré les appels de détresse du navire, Rome reste inflexible. Depuis plusieurs mois, l’Italie a décidé de fermer ses ports aux navires humanitaires cherchant à débarquer des demandeurs d’asile dans les ports européens. “Je ne changerai pas ma position d’un pouce : les bateaux, barques et autres embarcations [transportant des migrants] ne débarquent pas en Italie”, a martelé Matteo Salvini, le ministre de l’Intérieur italien, sur Twitter.

Contactée un peu plus tôt cette semaine par InfoMigrants, l’équipe de Sea-Watch a expliqué avoir demandé d’accoster, en plus de l’Italie, à Malte et aux Pays-Bas qui ont décliné toute responsabilité. Le maire de Syracuse, Francesco Italia, s'est dit prêt vendredi à accueillir les 47 migrants. "Nous sommes en contact avec le commandant, nous avons obtenu un premier résultat en mettant le navire en sécurité. À présent occupons-nous des gens à bord, la ville est prête à les assister et à les accueillir", a déclaré l'élu à la télévision italienne.

Un peu plus tôt, le maire de Lampedusa avait, lui aussi, proposé d’ouvrir son port aux rescapés défiant ainsi l’autorité de Matteo Salvini. Un certain nombre d'édiles en Italie ont récemment adopté la même position.

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C’est la deuxième fois en moins d’un mois que le Sea-Watch se trouve dans une telle impasse. Entre fin décembre et début janvier, le navire (ainsi que le Sea-Eye, un autre bateau humanitaire) a passé plus de deux semaines bloqué en mer, le temps que les gouvernements européens négocient un accord de répartition des 49 migrants qui avaient été secourus.

En plus de ses appels répétés à agir, l’ONG Sea Watch a lancé une pétition le 23 janvier demandant à l’Union européenne de trouver une solution pérenne de gestion des migrants secourus en mer. À la mi-journée, vendredi, plus de 35 000 signataires avaient déjà manifesté leur soutien.

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