Près de 300 migrants ont été évacués du campement à Saint-Denis mais une trentaine est restée à la rue. Crédit : Reuters
Près de 300 migrants ont été évacués du campement à Saint-Denis mais une trentaine est restée à la rue. Crédit : Reuters

Le campement de migrants situé à Saint-Denis, en région parisienne, a été démantelé vendredi matin. Environ 300 personnes ont été mises à l’abri par la préfecture, mais selon les associations présentes sur les lieux, une trentaine de personnes n’a pas pu prendre place dans les bus à destination des hébergements d’urgence. La mairie de Saint-Denis dit "chercher des solutions" et dénonce "l’amateurisme" de l’État.

Environ 300 migrants qui vivaient dans un campement insalubre à Saint-Denis, en banlieue parisienne, ont été mis à l’abri par la préfecture, vendredi 25 janvier.

L’évacuation s’est déroulée sans encombre, les personnes attendaient l’arrivée des bus dans le calme, valise ou sac à dos à la main, par un froid mordant d’à peine deux degrés.

Le camp, insalubre, comptait environ 400 migrants, principalement des Soudanais, des Érythréens et des Somaliens.

Les migrants ont été orientés vers des centres d’hébergement d’urgence, notamment des gymnases, en Île-de-France, où ils pourront rester quelques semaines avant d’être envoyés dans des centres adaptés à leur situation, a-t-on appris auprès de la préfecture de région.

32 personnes restées à la rue selon les associations

Cependant, 32 personnes sont "restées sur le carreau" selon Yann Manzi, fondateur de l’association Utopia 56, qui était présent lors de l’évacuation.

"Les migrants qui étaient en bout de file n’ont pas été mis à l’abri", signale également à InfoMigrants la mairie de Saint-Denis, dont des représentants étaient eux aussi sur les lieux vendredi matin. "La préfecture a rempli les bus et tout le monde est parti sans se soucier de ces personnes", précise la mairie qui dit "chercher des solutions avec une paroisse de la ville pour que les 32 migrants ne soient pas à la rue".

"C’est quand même aberrant que ce soit à Saint-Denis de pallier l’amateurisme et les défaillances de l’État", déplore encore la mairie.

La préfecture d’Ile-de-France jointe par InfoMigrants explique que la mise à l’abri de ce matin "n’était pas une évacuation mais une maraude intensifiée". "Le but n’était pas d’évacuer le campement mais de mettre à l’abri les migrants, sur la base du volontariat", expliquent les autorités. "On repassera dans les jours prochains"

Intensification des démantèlements de camps

Pour le militant Yann Manzi, les 32 personnes non-évacuées n’ont pas été prises en charge à cause d’un manque de places dans les hébergements d’urgence.

Le préfet de la région Michel Cadot avait annoncé mardi que 1 200 places seraient mobilisées d’ici la fin de la semaine prochaine pour accueillir des migrants vivant dans différents campements du nord de la capitale mais le nombre de places déjà opérationnelles est moindre.

L’État s’apprête à intensifier les opérations de démantèlement des camps dans les semaines à venir pour résorber les campements où plus de 2 000 personnes vivent dans le nord de Paris.

La mise à l’abri de vendredi est la seconde de la semaine après celle, mardi, du camp porte de Clignancourt où près de 180 migrants, essentiellement des Afghans, vivaient eux aussi dans un campement insalubre.

 

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