Des migrants dans un centre de détention à Misrata, en Libye. Crédit : InfoMigrants
Des migrants dans un centre de détention à Misrata, en Libye. Crédit : InfoMigrants

InfoMigrants a pu entrer en contact avec Sara, actuellement détenue dans un centre de détention à Misrata, en Libye. La jeune femme avait été secourue en Méditerranée par le navire Lady Sham avec 150 autres migrants, cette semaine. Sur ordre des autorités libyennes, le Lady Sham avait finalement reconduit les rescapés en Libye. Sara raconte un quotidien fait de coups et de menaces.

En début de semaine, après avoir passé plus de 12h en mer, près de 150 migrants - dont environ 30 femmes - ont été secourus au large de la Libye par un navire commercial battant pavillon de Sierra Leone, le Lady Sham. Sur ordre des autorités libyennes, le Lady Sham a débarqué ces personnes à Misrata.

Une fois arrivés au port libyen, les migrants ont été acheminés vers un centre de détention. L’une des rescapés, Sara*, a raconté à InfoMigrants le débarquement et ses conditions de vie dans le centre.

"Quand nous avons été récupérés en pleine mer dimanche par le Lady Sham, les membres d’équipage nous ont dit que nous nous dirigions vers l’Allemagne.

Mais le lendemain, on a compris qu’on avait été renvoyés en Libye.

Des Libyens sont alors montés sur le Lady Sham, ils étaient armés. Ils nous ont dit : ‘Descendez du bateau, sinon on utilise la force’.

Les migrants disent avoir t frapps par les Libyens Crdit  InfoMigrantsNous avons tous refusé de descendre. Face à notre refus, les Libyens nous ont frappés avec des bâtons. Les coups pleuvaient : sur le visage, le ventre, dans les jambes…

Il y avait plusieurs femmes enceintes à bord, deux d’entre elles sont en train de faire des fausse couches suite aux violences. Elles perdent beaucoup de sang et ont très mal au ventre depuis lundi. Personne ne s’occupe d’elles. Elles n’ont pas de médicaments, ni de protection hygiénique.

Ici, dans cette prison, la vie est très difficile. Les Libyens nous donnent à manger quand ils en ont envie, pas tous les jours. De plus, c’est très violent.

Les centres de détention sont surpeuplés selon les ONG. Crédit : InfoMigrantsHier, plusieurs hommes ont essayé de s’échapper mais les gardiens s’en sont rendu compte. Ils ont alors frappé et fouetté tous les hommes, même ceux qui n’avaient rien fait, toute la journée. Ils tiraient vers le plafond pour nous faire peur.

Ils sont aussi venus dans la cellule des femmes et ils ont fait pareil : ils ne nous ont pas frappé mais ils ont tiré en l’air pour nous faire peur.

Aidez-nous, on a peur de mourir. On ne sait quand ni comment on peut quitter cet endroit."

*Le prénom a été changé

 

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