Le Sea-Watch 3 au large de Syracuse, le 27 janvier 2019. Crédit : Picture-alliance/Salvatore Cavalli/AP/dpa
Le Sea-Watch 3 au large de Syracuse, le 27 janvier 2019. Crédit : Picture-alliance/Salvatore Cavalli/AP/dpa

Depuis maintenant 10 jours, le Sea-Watch 3 attend de pouvoir débarquer 47 migrants secourus en Méditerranée. Invoquant la présence de 13 mineurs à bord particulièrement “vulnérables”, plusieurs ONG appellent les gouvernements européens à prendre leurs responsabilités au nom de la Convention internationale des droits de l'enfant.

"Chaque minute supplémentaire passée sur le navire, avec la crainte de ce que sera leur avenir, laissera des traces indélébiles”. Dans un appel lancé ce week-end, Raffaela Milano, directrice de la branche italienne de l’ONG Save The Children, exhorte les gouvernements européens, l’Italie en tête, à trouver une solution pour débarquer les 47 migrants rescapés qui se trouvent sur le navire humanitaire Sea-Watch 3 depuis maintenant 10 jours. Parmi eux, 13 mineurs ont été recensés.

Soutenue par l’Unicef, le HCR et l’OIM, Raffaela Milano souhaite qu’une “réponse immédiate” soit donnée à la demande du procureur de [la région de] Catane concernant le débarquement des mineurs à bord du Sea Watch 3, conformément à la Convention internationale des droits de l'enfant et de l'adolescent”. Un document signé il y a tout juste 30 ans par l’Italie, rappelle Save The Children.

“Ces enfants ont déjà subi suffisamment de violences et de mauvais traitements lors de leur voyage vers l’Italie et sont particulièrement vulnérables en raison des souffrances qu'ils ont subies”, ajoute Raffaela Milano, affirmant que ses “opérateurs sont prêts à intervenir pour apporter tout le soutien dont ils ont besoin".

L’Italie campe sur ses positions, les autres se renvoient la balle

Le Sea-Watch 3 en est à son dixième jour en mer depuis le sauvetage des 47 migrants se trouvant toujours à son bord. Face à une très mauvaise météo avec des vagues de sept mètres enregistrées par l’équipage, le navire a été autorisé vendredi à s'approcher des côtes siciliennes, sans y accoster, pour se mettre à l'abri du mauvais temps.

“Pendant trois jours, nous avons affronté des tempêtes, des vents puissants et une forte pluie", a déclaré à l'agence ANSA une femme médecin se trouvant à bord. Les migrants "sont mouillés parce qu'il n'y a pas assez d'espace couvert. Ils n'ont pas d'endroit pour se reposer," a-t-elle dit, précisant que de nombreux d'entre eux portaient les cicatrices de violences infligées en Libye.

Mais l’Italie, par la voix de son ministre de l’Intérieur Matteo Salvini, martèle son refus d'accueillir les migrants, affirmant que les 13 mineurs non accompagnés se trouvant à bord du navire avaient presque 18 ans et n'étaient pas des enfants. "Je ne changerai pas d'avis. Les ports d'Italie sont fermés et resteront fermés aux trafiquants d'êtres humains et à leurs complices", a-t-il déclaré.


Le ministre estime que c’est à d’autres pays européens, notamment les Pays-Bas, de prendre la responsabilité des 47 migrants venant principalement d'Afrique sub-saharienne, qui ont été secourus au large de la Libye. "Si le gouvernement néerlandais n'est pas capable de contrôler les bateaux naviguant sous son pavillon, il devrait le leur retirer", a-t-il dit.

Le ministre néerlandais chargé des Migrations, Mark Harbers, a répondu que son pays "n'était pas obligé" de trouver une solution. Il a précisé au journal Corriere della Sera que le Sea-Watch 3 avait agi "de sa propre initiative".

 

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