Des pasteurs venus de plusieurs pays se sont relayés nuit et jour pour organiser des messes sans discontinuer. Crédit : Reuters
Des pasteurs venus de plusieurs pays se sont relayés nuit et jour pour organiser des messes sans discontinuer. Crédit : Reuters

Depuis trois mois, l’église de Bethel à la Haye, aux Pays-Bas, célèbre des offices religieux sans discontinuer pour empêcher l’expulsion d’une famille arménienne présente dans le pays depuis plus de sept ans et dont l’asile a été refusé. Un accord politique conclu mardi leur "offre une perspective d’avenir sûr aux Pays-Bas", s’est félicité un représentant de l’église.

"Nous avons gardé espoir pendant des mois et maintenant, cet espoir se concrétise". Theo Hettema, le président du conseil général de l’Église protestante de La Haye, au Pays-Bas, se félicite d’un accord politique qui va permettre à une famille arménienne de rester dans le pays.

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Depuis trois mois, l’église protestante Bethel, située à La Haye, célébrait des offices religieux jour et nuit pour empêcher l’expulsion de la famille Tamrazyan. Près de 650 pasteurs de tout le pays, mais aussi de France, d’Allemagne et de Belgique, s’étaient relayés 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, pour organiser des messes sans discontinuer, bloquant ainsi l’entrée aux policiers. Aux Pays-Bas, la police n’a pas le droit de pénétrer dans un lieu de culte pendant un office religieux.

L’église "arrête les offices continues organisés depuis le 26 octobre (…). L’accord politique conclu mardi offre à la famille arménienne Tamrazyan une perspective d’avenir sûr aux Pays-Bas", s’est réjoui Theo Hettema dans un communiqué. 

Le père de la famille Tamrazyan qui compte trois enfants est un militant politique qui a fui l’Arménie après avoir reçu des menaces de mort. Après sept ans de procédure aux Pays-Bas, sa demande d’asile a été acceptée par un juge, mais le gouvernement néerlandais a fait appel de la décision.

La famille arménienne a alors trouvé refuge dans l’église Bethel, après avoir reçu l’ordre de quitter le territoire. "Nous agissons par compassion, par amour chrétien envers notre prochain et par sens des responsabilités : il est de notre devoir d’alerter notre gouvernement sur les besoins fondamentaux des êtres humains dans notre société", expliquait à l’époque Theo Hettema.

Hayarpi Tamrazyan, l’aînée de la famille âgée de 21 ans, a exprimé son soulagement lors d’une conférence de presse, qui était précédée d’une dernière cérémonie à l’église Bethel. La jeune fille espère que l’accord lui permettra "d’avancer dans sa vie et ses études". Elle a cependant précisé ne pas connaître de manière officielle l’avenir réservé à sa famille. "L’accord dit : ‘nous allons réévaluer les dossiers’. Donc nous ne savons pas encore officiellement si nous pouvons rester puisque le dossier doit encore être jugé", a-t-elle déclaré.

 

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