Le Sea-Watch au large de Malte, en janvier 2019. Crédit : Reuters
Le Sea-Watch au large de Malte, en janvier 2019. Crédit : Reuters

Près de 17 000 personnes sont mortes en mer Méditerranée ces quatre dernières années. Pour tenter d'enrayer la tragédie, des navires humanitaires se sont relayés dans la zone de détresse, au large des côtes libyennes pour les secourir. Mais actuellement, plus un seul ne patrouille dans cette zone.

Depuis 2014, près de 17 000 personnes sont mortes en mer Méditerranée, selon les chiffres de l’Organisation internationale des migrations (OIM). En 2018, six personnes ont perdu la vie chaque jour en tentant de traverser la mer Méditerranée selon le Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR).

Actuellement, plus aucun navire humanitaire ne sillonne la zone. Pourquoi ? Plusieurs navires de secours ont cessé leur mission, d’autres sont retenus par les autorités dans des ports européens. D’autres encore sont en escale technique ou cherchent un nouveau navire.  

InfoMigrants fait le point.


Les navires humanitaires qui sont bloqués dans des ports européens :

- Début août 2017, la justice italienne a saisi le Juventa de l’ONG allemande Jugend Rettet, accusée de complicité avec les passeurs libyens mais qui clame depuis son innocence.

- Depuis un débarquement en juin 2018 à Malte, le Lifeline de l’ONG allemande eponyme est bloqué au port de La Valette, où les autorités contestent sa situation administrative.

- En janvier, l’ONG espagnole Proactiva Open Arms a dénoncé une décision des autorités espagnoles de bloquer l’Open Arms à Barcelone. Au printemps 2018, ce navire a été placé un mois sous séquestre en Italie avant d’être autorisé à repartir. Il a ensuite dû plusieurs fois aller jusqu’en Espagne pour débarquer des migrants secourus au large de la Libye mais refusés par Malte et l’Italie.

- Le Sea-Watch de l’ONG éponyme est bloqué depuis vendredi 1er février au port de Catane, en Sicile, sur décision des garde-côtes italiens, pour une série de « non conformités » dans divers domaines.

Les ONG qui résistent :

-L’ONG allemande Sea Eye, dont plusieurs navires ont subi des blocages administratifs en 2018, est repartie en décembre au large de la Libye avec un nouveau bateau, le Professor Albrecht Penck, qui a secouru 12 migrants. Le navire est actuellement sur l’île espagnole de Majorque et prévoit de repartir dans deux semaines.

-En Italie, un collectif d’associations a lancé le Mediterraea, un navire battant pavillon italien qui entend avant tout témoigner de la situation en mer.

-SOS Méditerranée, qui affrétait l’Aquarius, a annoncé en décembre chercher un nouveau bateau et un nouveau pavillon pour poursuivre ses activités. "Nous serons de retour en début d’année 2019", avait assuré l’ONG.

-Dans les airs, les petits avions Colibri de l’ONG française Pilotes volontaires et Moonbird de Sea-Watch mènent régulièrement des patrouilles pour tenter de repérer les embarcations en difficulté.

Les navires humanitaires qui ont renoncé :

Les principales ONG engagées au large des côtes libyennes ont suspendu leurs activités à la fin de l’été 2017, face à la chute des départs de Libye et à une intensification des menaces des garde-côtes libyens, qui considèrent les ONG comme complices des passeurs.

- L’ONG maltaise Moas, la première à s’engager dans les opérations de secours en 2014 et qui a compté jusqu’à deux navires dans la zone, a transféré ses activités auprès des Rohingyas au Bangladesh.

- Médecins sans frontières (MSF) a mis fin au même moment aux activités du Vos Prudence, le plus gros navire humanitaire privé actif au large de la Libye avec un record de de 1 500 personnes secourues en même temps.

- Save the Children a également mis fin aux activités de sauvetage du navire Vos Hestia.

- Suite aux pressions politiques et privé de pavillon, l’Aquarius de l’ONG SOS Méditerranée – qui a secouru près de 20 000 personnes en deux ans et demi - a mis fin à ses missions en décembre.


 

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