À l'intérieur du camp de Bira, en périphérie de Bihac, dans le nord de la Bosnie. Crédit : Vahid Lotfi pour InfoMigrants
À l'intérieur du camp de Bira, en périphérie de Bihac, dans le nord de la Bosnie. Crédit : Vahid Lotfi pour InfoMigrants

Quarante personnes ont été blessées, dont huit gravement, au cours d’une bagarre qui a éclaté vendredi soir dans le camp de Bira, à Bihac, dans le nord de la Bosnie. Onze personnes ont été arrêtées par la police.

C’est une simple histoire de téléphone qui a mis le feu aux poudres. Vendredi 1er février, un adolescent du camp de Bira, en périphérie de la ville de Bihac, dans le nord de la Bosnie, a volé le téléphone d’un migrant afghan. L’affaire a déclenché une gigantesque bagarre dans laquelle 40 personnes ont été blessées, dont huit gravement, probablement blessées par des armes blanches.

Des centaines de personnes ont été impliquées dans les violences et de nombreux dégâts matériels sont à déplorer. Plus de 30 migrants ont été interrogés par les policiers après qu'ils eurent repris la situation en main. Au total, "huit Afghans, deux Indiens et un Pakistanais ont été arrêtés, a précisé le porte-parole de la police, Ale Siljdedic.

Pour Peter Van der Auweraert, coordinateur de la mission de l’OIM en Bosnie, le vol de téléphone pourrait n’être qu’un prétexte trouvé par un groupe de migrants qui voulaient en découdre avec une autre communauté.

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Il affirme que "l’incident en tant que tel est commun". Dans les camps de migrants, les vols sont fréquents. "Mais c’est la réaction des groupes qui était anormale parce que généralement ça se résout rapidement."

"On implique tous les jours les leaders des différentes communautés dans l’organisation du camp pour qu'ils aident à la diminution des tensions. Normalement ce sont eux qui résolvent des conflits", explique le responsable de l’OIM.

"Le quotidien est difficile, les gens sont tendus"

InfoMigrants a pu entrer en contact avec un témoin de la scène, Vahid Lotfi. Cet Iranien vit avec sa famille dans le camp de Bira depuis plusieurs mois. Son fils, âgé de six ans, était présent lors de la bagarre de samedi. "Il a vu une personne en poignarder une autre", raconte Vahid. 

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Le père de famille explique que les disputes sont fréquentes dans le camp. "Le quotidien est difficile, les gens sont tendus […] La plupart du temps, quand les disputes interviennent, c’est sur fond de tensions entre deux nationalités", précise-t-il.

Peter Van der Auweraert de l'OIM confirme. "Actuellement les gens ne peuvent plus vraiment passer en Croatie, il y a un certain niveau de frustration parmi les migrants. Il y a aussi des tensions entre communautés".

Selon le responsable de l’OIM, les incidents de ce type nuisent "à la qualité de l’hébergement pour les migrants". Plusieurs lits et containers ont été détruits pendant la bagarre. De quoi rendre encore un petit peu plus difficile le quotidien de certains migrants. "Le matériel va être remplacé mais il ne peut pas l’être tout de suite donc maintenant au lieu de dormir dans des containers [installés dans le bâtiment d’une ancienne usine, ndlr], certaines personnes doivent dormir dans des tentes".

Selon le site le Courrier des Balkans, le camp de Bira prévu pour 1 500 personnes accueille aujourd'hui au moins 2 200 migrants.

 

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