Le Val-des-Près, près de la frontière franco-italienne.
Le Val-des-Près, près de la frontière franco-italienne.

Un migrant togolais, âgé d'une vingtaine d'années a été retrouvé inconscient, en hypothermie, au bord d’une route nationale dans la nuit de mercredi à jeudi dans les Hautes-Alpes, non loin de Briançon. Il n’a pas pu être réanimé.

Le jeune homme a été découvert inconscient jeudi vers 3h00 du matin par un chauffeur routier à Val-des-Près, une petite commune située à la sortie de Briançon. Son corps gisait près d'une aire de chaînage nichée en bordure de la RN94 qui mène à Montgenèvre, près de la frontière italienne.

"Il n'a pas été renversé par un véhicule", a précisé à l'AFP une source proche du dossier, confirmant une information du Dauphiné Libéré.

C'est ensuite une patrouille de la Police aux frontières (PAF) qui a prévenu les pompiers en découvrant le chauffeur routier tentant de porter secours à la victime.

"Il présentait des grandes signes de fatigue"

Souffrant d'hypothermie et en arrêt cardio-respiratoire, le jeune homme été pris en charge par le SAMU, mais les tentatives pour le réanimer ont été vaines. Il a été déclaré mort à son arrivée à l'hôpital de Briançon.

Une enquête pour "homicide involontaire et mise en danger de la vie d'autrui" a été ouverte par le parquet de Gap. Elle a été confiée à la brigade de recherches de Briançon et à la gendarmerie de Saint Chaffrey.

Selon les migrants qui accompagnaient le jeune homme durant la traversée, "il présentait des grandes signes de fatigue". Le groupe était parti à pied de Clavière (en Italie) avec un groupe de plus d’une dizaine d’hommes pour traverser la frontière. "Présentant des signes de grande fatigue, il a été déposé auprès de la RN94 par certains de ses compagnons de route qui semblent avoir été à l’origine de l’appel des secours", a précisé le procureur.

Les associations inquiètes

Au début de l’hiver, les associations d’aide aux migrants alertaient déjà les autorités sur les risques de mort dans la montagne. Les températures sont glaciales la nuit. D’autres militants dénoncent le "harcèlement" policier qui pousse les migrants à prendre des risques inconsidérés pour passer d’Italie en France.

"La police pousse les migrants à se mettre en danger… Même ceux qui sont équipés pour faire face au froid risquent le pire. Quand vous fuyez la police, que vous creusez un trou dans la neige, la nuit, pour vous cacher, les risques de mourir sont grands", avait ainsi dénoncé l'un des membres de l'association briançonnaise Tous Migrants, contacté par InfoMigrants.

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En mai 2018, le parquet de Gap avait également ouvert une enquête pour identifier et connaître les circonstances du décès d'un jeune homme noir dont le corps avait été découvert par des promeneurs près de Montgenèvre.

"Plus de trente personnes ont dû être secourues depuis l'arrivée du froid, il y a un mois, et nous craignons des disparitions", a également affirmé Tous Migrants dans un communiqué commun avec Amnesty, la Cimade, Médecins du monde, Médecins sans frontières, le Secours catholique et l'Anafé.

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