Image d'archives de migrants en Libye. Crédit : Reuters
Image d'archives de migrants en Libye. Crédit : Reuters

Plus d’un an après la diffusion du reportage de la chaîne américaine CNN révélant des cas d'esclavagisme en Libye, seuls quelques pays se sont engagés à collaborer avec l'ONU pour accueillir les migrants victimes de ce trafic d'êtres humains. InfoMigrants fait le point.

Treize pays participent actuellement, à divers niveaux d’engagements, aux programmes de réinstallation du HCR depuis la Libye ou le Niger : la France, l’Italie, les Pays-Bas, l’Allemagne, la Norvège, la Suède, la Suisse, la Belgique, la Finlande, Malte, le Royaume-Uni, le Canada et les États-Unis.

Mais attention, y obtenir une relocalisation n'est pas simple. La procédure est longue et supervisée par le Haut commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR). 

Mode d'emploi

Après avoir identifié les personnes les plus vulnérables dans les centres de rétention libyens ou en milieu urbain, le HCR transfère au Niger une partie de ceux à qui elle accorde le statut de réfugiés - c'est-à-dire sous la protection de l'ONU. 

À Niamey, leurs dossiers sont étudiés "dans un climat sécuritaire jugé plus sûr qu’en Libye" afin de leur trouver un pays d’asile, explique le HCR. De là - ou directement depuis la Libye - ils sont ensuite accueillis dans un des treize États qui a accepté de leur accorder l’asile.

La réinstallation n’est pas toujours immédiate. Il se passe parfois plusieurs mois avant que les réfugiés puissent rejoindre les pays d’accueil. C’est le cas avec la France, qui attend que des places en centres d’hébergements se libèrent sur son territoire, indique un document du HCR.

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Le Canada et l’Europe

L’un des États les plus engagés dans le programme, le Canada, s’est récemment félicité d’avoir accueilli jusqu’ici 150 victimes d'esclavage en Libye. 

Ottawa prévoit d’accorder l’asile à quelque 750 aux migrants de Libye d'ici deux ans, ainsi qu’à 100 réfugiés du Niger "qui ont été sauvés de centres de détention de migrants en Libye, dont plusieurs ont été victimes de trafic d'êtres humains", a déclaré mercredi 6 février, Ahmed Hussen, ministre canadien de l'Immigration, lui-même ancien réfugié originaire de Somalie.

Hormis le Canada, la plupart des pays d’accueil entre 2017 et 2018 étaient européens (la France, l’Italie, les Pays-Bas, l’Allemagne, la Norvège, la Suède, la Suisse, la Belgique, la Finlande, Malte, le Royaume-Uni). Les États-Unis font aussi partie du programme, avec une nuance toutefois, car Washington n’accepte la réinstallation de migrants passés par la Libye qu’au cas par cas, quand les autres États participants fonctionnent par quotas.

D’après le HCR, 4 080 réfugiés ont pu quitter la Libye depuis septembre 2017 et 6 600 attendent encore leur tour de pouvoir quitter le pays.

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De nombreux migrants rapatriés dans leurs pays d’origine

Sur les 663 445 migrants présents en Libye en décembre 2018, seuls 57 276 étaient enregistrés dans un processus de demande d’asile ou considérés comme réfugiés par le HCR.

Pour le reste, un nombre important de migrants ont été rapatriés dans leur pays par l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). Plus de 16 000 ont bénéficié du programme "Retour volontaire" de l’OIM a précisé l’agence onusienne.

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