Des migrants à Calais, en janvier 2018. Crédit : Mehdi Chebil
Des migrants à Calais, en janvier 2018. Crédit : Mehdi Chebil

Plus de trente associations et ONG d'aide aux migrants ont demandé à la rapporteure des Nations unies sur le logement de venir à Calais au mois d'avril - lors d'une visite officielle en France. Les militants souhaitent l'appui de l'ONU pour mettre en lumière les conditions de vie "catastrophiques" des migrants dans le nord du pays.

C’est un nouvel appel à l’aide des associations d’aide aux migrants, à l’ONU. Plus de 30 associations françaises et britanniques ont demandé à la rapporteure spéciale des Nations unies sur le logement convenable, de se rendre à Calais (Pas-de-Calais) et Grande-Synthe (Nord) "afin de constater les conséquences d'années de politiques de non-accueil".

Dans un communiqué commun, ces 34 associations dénoncent "la politique d'expulsions systématiques et d'invisibilisation des personnes exilées à la frontière franco-britannique". Dans le nord, "la situation se dégrade et des centaines de personnes dorment toujours dans la rue, à Calais, Grande-Synthe, Cherbourg, Norrent-Fontes/Quernes, Angres/Levin, Tatinghem/Longuenesse et Ouistreham", s'alarment-elles.

"L'ONU, un canal diplomatique"

Parmi les signataires figurent Emmaüs, la Ligue des droits de l'Homme, ATD Quart Monde Nord Pas-de-Calais, l‘Auberge des migrants, Utopia 56 ou encore la Cimade.

"Faire appel à l’ONU c’est lancer une procédure d’alerte. Car nous voulons alerter l’opinion publique", explique Sophie Pouget, avocate et bénévole de Committee for refugee relief.

L’ONU est un "canal diplomatique", un intermédiaire qui permet de "fixer un cadre de dialogue" entre les associations et les autorités publiques, continue-t-elle. "Le but est que la rapporteure, Leilani Farha, rencontre les associations, les agents de la préfecture, tous les acteurs concernés par la question migratoire. Grâce à sa stature internationale, sa venue est importante, mais elle n’a pas de pouvoir contraignant".

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Les associations avaient déjà fait appel à l’ONU en janvier 2018 pour réclamer des meilleures conditions d’accès à l’eau pour les migrants. Aujourd’hui, elles demandent à la rapporteure des Nations unies - qui sera en visite officielle en France au début du mois d'avril - de venir constater la situation "catastrophique" à Calais.

"Augmentation de la fréquence des expulsions"

Depuis plusieurs mois, les associations dénoncent presque quotidiennement les démantèlements, les violences policières, les atteintes aux droits humains, les conditions de vie insupportables des migrants dans le nord de la France dans l’espoir de rejoindre, un jour, l’Angleterre. "Ils vivent comme des bêtes sauvages", se désespérait déjà cet hiver François Guennoc, le vice-président de l’Auberge des Migrants, contacté par InfoMigrants.

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Malgré les appels répétés auprès des autorités françaises, malgré la multiplication des rapports sur la dégradation de situation toujours plus « déplorable » à Calais et à Grande-Synthe, rien ne change, déplorent les associations. "La fréquence des expulsions [des démantèlement des camps, ndlr] a même augmenté en 2019", déplore Sophie Pouget.

Entre 350 et 400 migrants vivent actuellement à Calais et aux alentours dans l'espoir de rejoindre la Grande-Bretagne, selon la préfecture du Pas-de-Calais.


 

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