Environ 200 migrants occupent un gymnase près de Nantes. Crédit : Reuters
Environ 200 migrants occupent un gymnase près de Nantes. Crédit : Reuters

Un gymnase non utilisé, en banlieue nantaise, est occupé depuis plusieurs semaines par environ 200 migrants, dont des femmes et des enfants. À l’intérieur, les conditions de vie y sont très précaires : absence d’eau chaude et de chauffage, peu de toilettes, insécurité, insalubrité, cas de gale et de tuberculose… Plusieurs collectifs leur viennent en aide.

Depuis quelques semaines, plusieurs centaines de migrants occupent le gymnase Jeanne-Bernard, à Saint-Herblain, en banlieue nantaise, "dans des conditions de vie désastreuses", selon les collectifs qui leur viennent en aide. Le local, non-utilisé, appartient au diocèse de Nantes, qui ne l’exploite pas.

"En octobre, au moment du début du squat, il y avait une soixantaine de personnes. Aujourd’hui ils sont environ 200 dont des femmes et des enfants", explique à InfoMigrants Xavier Brunier, responsable solidarité pour le diocèse de Nantes. La majorité des occupants est originaire du Soudan, d’Érythrée, de Somalie, d’Éthiopie, de Guinée et du Tchad. Leur profil administratif regroupe plusieurs statuts : des dublinés, des déboutés, des réfugiés statutaires et des demandeurs d’asile.

"Face à la défaillance de l’État, les associations et collectifs trouvent des solutions"

"On ne leur propose pas de mise à l’abri. La seule solution apportée par les autorités est le retour à la rue", déclare à InfoMigrants François Prochasson du collectif Soutien migrants Nantes. "Face à la défaillance de l’État, les associations et collectifs trouvent des solutions. On sait qu’il y a sur Nantes, de nombreux locaux vides où on pourrait héberger ces personnes", continue-t-il.

Contactée par InfoMigrants, la mairie de Nantes se défend. Dans un communiqué daté du 31 octobre 2018, elle déclare que de nombreuses "personnes migrantes présentes sur le square Daviais [à la fin de l'été 2018] ont été mises à l’abri dans des lieux plus durables". Sur 700 personnes qui étaient au square Daviais, "587 ont été orientées depuis les gymnases vers des hébergements plus durables", écrit la mairie. 

Les collectifs daide aux migrants dnoncent des conditions de vie dsastreuses Crdit  ReutersLe gymnase occupé recense des "oubliés" du square Daviais, sans solution de relogement et des primo-arrivants.

À l’intérieur du gymnase, où les migrants ont installé leurs tentes, la tension grandit chaque jour un peu plus. "La surpopulation crée de la promiscuité et la promiscuité engendre des conflits", déclare à InfoMigrants Juna, du collectif L’autre cantine qui apporte chaque soir des repas aux migrants installés dans le gymnase.

"Lorsqu’il pleut, des gouttes d’eau tombent dans le gymnase"

L’absence d’eau chaude et de chauffage n’arrange pas la situation. "Il y a des douches – collectives - mais que de l’eau froide, en plein hiver ! Les toilettes ? Seulement deux à l’intérieur", dit Juna qui précise cependant que la municipalité a fait installer des sanitaires dans la cour du gymnase.

De plus, les locaux sont quasi insalubres. "Lorsqu’il pleut, des gouttes d’eau tombent dans le gymnase. Le toit fuit", note encore Juna.

Un homme étend son linge à l'extérieur du gymnase occupé. Crédit : ReutersLes collectifs alertent également sur les problèmes de sécurité. "Certains ont des problèmes psychologiques : parfois, ils se bagarrent. D’autres prennent de la drogue ou boivent trop d’alcool et dérangent tout le monde en pleine nuit", assure François Prochasson. "Et le plus grave c’est qu’il y a des enfants au milieu de tout ça", s’inquiète le militant.

Le manque d’hygiène a des conséquences sanitaires : des cas de gale et de tuberculose ont été observés. Les collectifs orientent alors les personnes malades vers les PASS de la ville.

Le diocèse de Nantes a demandé à la justice d’ordonner l’évacuation du gymnase occupé. "La situation n’est plus possible", estime Xavier Brunier qui demande la mise à l’abri de ces migrants dans des "conditions dignes".

"On sera attentif car il est hors de question d’évacuer le lieu sans solution d’hébergement pour tout le monde", conclut Juna.

 

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