À Calais, des grillages sont installés le long de plusieurs autoroutes pour éviter que les migrants tentent de sauter dans des camions en route vers l'Angleterre. Crédit  : InfoMigrants
À Calais, des grillages sont installés le long de plusieurs autoroutes pour éviter que les migrants tentent de sauter dans des camions en route vers l'Angleterre. Crédit : InfoMigrants

Des grilles vont être érigées autour d’un terrain jouxtant le siège de l’entreprise Portal à Calais. Depuis début octobre, le lieu avait été investi par plusieurs dizaines de migrants ayant installé un campement de fortune.

Depuis cinq mois environ, plusieurs dizaines de migrants - principalement afghans, iraniens, érythréens et soudanais - ont planté leurs tentes dans la zone des Dunes, entre la rue des Verrotières et le chemin du Pont-Trouille à Calais dans le Nord-Pas-de-Calais.

Invoquant des raisons sécuritaires, les autorités ont décidé de construire une clôture grillagée autour du terrain afin d’en empêcher l’accès aux migrants, révèle le quotidien la Voix du Nord. “Un prestataire va débroussailler le site le 4 mars avant d’installer les clôtures [à partir du] 5 mars”, a indiqué Enedis (ex-EDF) au journal, l’un des propriétaires du terrain avec la ville de Calais et l’agglomération Grand Calais Terres et Mers.

Environ trois semaines de travaux sont à prévoir sur ce terrain non-constructible qui abrite un poste de transformation électrique dont il est dangereux de s’approcher.

Sur place, la tension est à son comble. Les habitants se plaignent des détritus laissés par les occupants et des salariés de l’entreprise Portal, attenante au terrain, affirment que certains jeunes migrants sont alcoolisés et agressifs. Selon François Guennoc de l’Auberge des Migrants, ces jeunes – souvent par ennui ou par détresse psychologique - se procurent effectivement des bières périmées et invendues dans des palettes laissées en plein air par une société se trouvant à proximité. "Nous en avons informé le préfet pour qu’il fasse quelque chose, mais les palettes sont toujours là", dit-il à infoMigrants.

"Les migrants iront ailleurs, il y a beaucoup de friches à Calais"

Chaque semaine, Enedis dépose également des plaintes pour “occupation illicite” du terrain tandis que la police procède à des évacuations “tous les deux jours”, rapporte François Guennoc. “Les occupants ont généralement 15 minutes pour prendre leurs affaires et partir. Cette pression des démantèlements permanents ainsi que les comportements parfois violents des policiers et les placements en CRA font partie de la politique globale visant à éloigner ces gens des frontières.”

Une attitude que les associations jugent totalement inefficace, inhumaine et coûteuse. “S’ils arrivent à clôturer le terrain, les grilles finiront sûrement par être arrachées. Ou bien les migrants iront ailleurs car dans tous les cas, il y a beaucoup de friches dans le tissu urbain à Calais, les gens trouveront toujours un moyen de contourner”, poursuit François Guennoc.

Il y a quelques jours, un autre campement a été évacué puis rendu inaccessible par des grillages sous le pont de la rocade Marcel-Doret. “Ça ne dérangeait pourtant personnes !”, proteste François Guennoc. Et avant cela, c’est un mur anti-intrusion de trois mètres de haut autour d’une station essence Total dans le même secteur qui a été érigé fin janvier pour éviter aux migrants de monter dans des camions à destination de l’Angleterre. Depuis des années, des grillages viennent également clôturer certaines autoroutes pour les mêmes raisons.

“Soyons honnêtes, s’il y a moins de migrants à Calais, c’est parce qu'il y a moins d’arrivées par la Méditerranée, pas parce qu'on érige des murs avec des barbelés à travers la ville”, conclut François Guennoc.

 

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