L'Afghanistan enregistre au 30 novembre un nouveau record de plus d'un demi-million de civils déplacés depuis le début 2016 fuyant la violence et les combats (photo du camp de Bagrami prise en 2012). Crédit : AFP / Johannes Eisele
L'Afghanistan enregistre au 30 novembre un nouveau record de plus d'un demi-million de civils déplacés depuis le début 2016 fuyant la violence et les combats (photo du camp de Bagrami prise en 2012). Crédit : AFP / Johannes Eisele

De violents affrontements continuent de secouer l'Afghanistan et ont provoqué la fuite de 500 000 personnes depuis le début de l'année selon le bureau des services humanitaires de l'ONU. Des déplacés internes qui quittent leur foyer pour vivre dans des camps ou des bidonvilles dans des conditions de vie déplorable.

De notre correspondante à Kaboul,

Le camp de Bagrami se situe en périphérie de Kaboul. Ici vivent une centaine de familles, dans des maisons en pisé en enfilade, au sommet d'une colline désertique. Le chef du camp est Inzabour. Il a une soixantaine d'années et s'est installé dans ce camp il y a une dizaine d'années déjà après avoir fui les violences dans la région de la Kapisa : « au début il y avait des aides de la part du ministère et des associations. Mais ce n'est plus le cas. Il n'y pas de travail. Il y avait une clinique avant, mais son toit s'est effondré».

Il y a deux semaines, son fils l'a rejoint. Réfugié au Pakistan, il en a été chassé avec sa femme et ses neuf enfants. Tous vivent dans une pièces de 10 mètres carrés, sombre et humide. Depuis leur retour en Afghanistan, Abdullah, 9 ans ne va plus à l'école : « je pars le matin ramasser des plastiques dans la rue, et après je rentre manger quelque chose et ensuite je retourne chercher des papiers et des plastiques ».

Ces plastiques servent de combustible pour le poële traditionnel qui réchauffe la pièce et sert à chauffer le pain que sa mère Pari, prépare chaque jour, son dernier né dans les bras. «La vie est difficile ici. Mon mari n'a pas de travail et il faut que l'on réussisse chaque jour à nourrir nos 9 enfants».
Le président Ashraf Ghani avait promis il y a deux ans de reloger les déplacés. Une promesse non tenue se désole Inzabour alors que le flots de déplacés continuent d'enfler les bidonvilles de la capitale. Le 30 novembre, le pays enregistrait un nouveau record «alarmant» selon l'ONU, de plus d'un demi-million de civils déplacés depuis le début de l'année fuyant la violence et les combats.


 

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