Un centre d'information sur les violences domestiques | Photo: Picture-alliance/M.Reichel
Un centre d'information sur les violences domestiques | Photo: Picture-alliance/M.Reichel

Le gouvernement allemand veut mettre fin à la violence contre les femmes dans les familles de réfugiés. Des médiatrices et des médiateurs issus de l'immigration doivent aider à informer les femmes sur leurs droits.

Le ministre chargée de la migration, des réfugiés et de l'intégration du gouvernement allemand veut débloquer 6,5 millions d’euros pour lutter contre les violences faites aux femmes dans les familles de réfugiés. "Nous ne tolérons aucune violence contre les femmes", a déclaré Annette Widmann-Mauz. Les fonds doivent notamment servir à des programmes de sensibilisation à l’égalité homme-femme et aux lois en vigueur en Allemagne. "Quiconque commet un crime comme des violences domestiques, un viol ou des mutilations génitales sera poursuivi et sévèrement puni", a martelé la ministre conservatrice dans une interview au groupe de presse RedaktionsNetzwerk Deutschland.

Le projet prévoit des opportunités d’échanges autour des droits des femmes entre des immigrés qui vivent depuis longtemps en Allemagne et les nouveaux arrivants. Des hommes seront formés pour conduire ces conversations. 

Dans le même temps, selon Mme Widmann-Mauz, les femmes devront être encore mieux informées sur leurs droits ainsi que sur les moyens de se faire aider, à l’image du programme de prévention Migrantes pour Migrantes (MiMi). Plus de 300 médiatrices issues de l’immigration informent les femmes et jeunes filles qui viennent d’arriver en Allemagne sur leurs droits. Elles se rendent notamment directement dans les centres d’accueil pour rencontrer les familles. Selon le programme, 10000 femmes ont ainsi bénéficié du programme pour le moment.

Manque de statistiques

Si d’après le ministère des affaires familiales, une femme sur quatre est victime au moins une fois dans la vie de violence physique ou morale de la part de son conjoint, il est difficile de trouver des statistiques fiables sur le nombre de réfugiées victimes de violences conjugales.

Pour Robert Franken, l’un des fondateurs du réseau d’hommes féministes Male Feminists Europe, l’idée que des hommes discutent avec des hommes sur les manières de prévenir les violence est une bonne chose. En revanche, il doute de l’affirmation selon laquelle la violence est importée par les migrants. "Le sexisme et la misogynie sont une triste réalité en Allemagne depuis longtemps, assure-t-il à Infomigrants. Nous devrions être prudent avec la supposition que les hommes réfugiés ou demandeurs d’asile seraient plus violent que les hommes allemands."

 

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