Plus d'une centaine de mineurs étrangers isolés vivent dans le squat Saint-Just à Marseille. Crédit : InfoMigrants
Plus d'une centaine de mineurs étrangers isolés vivent dans le squat Saint-Just à Marseille. Crédit : InfoMigrants

Une trentaine de mineurs étrangers isolés ont organisé jeudi une manifestation à Marseille qui a fini devant le tribunal. Ils y ont déposé une lettre pour réclamer une prise en charge de l’État. Ces jeunes vivent actuellement dans un squat de la cité phocéenne.

Un groupe d’une trentaine de mineurs étrangers isolés a manifesté jeudi 28 février à Marseille entre le squat de de Saint-Just qu’ils occupent depuis plusieurs mois et le tribunal pour enfants. Ils y ont déposé un courrier réclamant une prise en charge, comme la loi française le prévoit sur la protection de l’enfance, et comme l'exhorte l’application des ordonnances de placement (OPP) du juge que certains mineurs ont déjà reçues.

Dans le cortège, les jeunes et les militants qui les accompagnaient scandaient des slogans tels que "Nous sommes des enfants normaux, on veut être protégés!", "Solidarité pour les mineurs isolés" ou encore "Un toit, c'est un droit".

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Depuis décembre 2018, le squat Saint-Just abritent 250 personnes, dont 60 enfants et 120 mineurs non-accompagnés. Cet immeuble qui appartient au Diocèse, s’étend sur trois niveaux et compte une soixantaine de chambres équipées de salle de bains. Le collectif citoyen 59 Saint-Just aide à gérer les lieux.

Évacuation prochaine

Vacant depuis plusieurs années, le bâtiment vient toutefois d’être vendu à l’Institut Méditerranéen de Formation (IMF). “Les futurs propriétaires ont besoin de réaliser des travaux d’aménagement donc ils nous demandent de quitter les lieux d’ici le 31 mars pour qu’ils puissent être prêts pour la prochaine rentrée de septembre”, a expliqué à InfoMigrants Isabelle, une bénévole du collectif. 

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L’IMF s’est récemment engagé à dialoguer avec les responsables du collectif 59 Saint-Just “sur la manière dont une solution adaptée pour tous pourraient être trouvée, qui respecte les droits et revendications posées dès le début de cette action politique. Nous accorderons-nous sur une solution ?”, interroge le collectif. Et d’ajouter : l’IMF a réitéré son engagement “à ne pas demander l'expulsion, ce qui signifie l'ouverture à une négociation que nous espérons fructueuse”.

De son côté, le diocèse travaille à une sortie de crise, selon le journal La Croix. "Le 4 mars, nous organisons une réunion à l’archevêché pour trouver les solutions les plus correctes possible pour les personnes hébergées", précise Anne Giraud, du conseil épiscopal, interrogée par le quotidien chrétien.

En 2018, 532 mineurs ont été confiés par la justice au département des Bouches-du-Rhône. Cette même année, la collectivité a été condamnée à 186 reprises par la justice administrative pour avoir failli à son obligation de prise en charge des mineurs bénéficiant d'une OPP.

Depuis le 18 décembre, le département assure avoir placé 27 jeunes sous OPP du squat Saint-Just, et annonce l'ouverture fin 2019 d'une centaine de places d'hébergement dédiées aux MNA, ainsi que 500 places supplémentaires de foyers dans les années à venir.

 

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