REUTERS/Pascal Rossignol | Port de Calais: terminal des ferries à destination du Royaume-Uni, le 26 février 2019.
REUTERS/Pascal Rossignol | Port de Calais: terminal des ferries à destination du Royaume-Uni, le 26 février 2019.

Une centaine de migrants voulant rejoindre le Royaume-Uni avaient investi le port de Calais samedi 2 mars au soir. Une cinquantaine d'entre eux avaient alors réussi à grimper à bord d'un ferry, dont ils avaient ensuite escaladé la cheminée. Ce lundi, un homme originaire du Mali, considéré comme le "meneur" de cette incursion, a été condamné à quatre mois de prison ferme et incarcéré.

Il est considéré comme le "meneur" des réfugiés montés samedi soir à bord d'un ferry de la compagnie DFDS, qui venait d'accoster à Calais. Un migrant de 36 ans, originaire du Mali, a été condamné lundi 4 mars à quatre mois de prison ferme par le tribunal de grande instance de Boulogne-sur-mer, dans le Pas-de-Calais, au nord de la France. Il est désormais incarcéré. 

L'homme, jugé en comparution immédiate, était poursuivi pour "embarquement frauduleux à bord d'un navire", "introduction non-autorisée dans une zone d'accès restreint" ainsi que "refus de se soumettre aux opérations de relevés signalétiques". Il avait en effet refusé que la police relève ses empreintes digitales lors de sa garde à vue.

La procureure a insisté sur la "dangerosité" de l'acte de ce Malien qui a, selon elle, entraîné le groupe à "sauter par la balustrade de la cheminée du ferry". De son côté, l'homme, qui vit à Calais depuis quelques mois, a nié avoir été un "meneur". Il assure avoir simplement "suivi le groupe".

63 migrants interpellés

Jamais le port de Calais, très sécurisé, n'avait connu une intrusion aussi importante de migrants. Samedi 2 mars au soir, une centaine de migrants qui souhaitaient rejoindre le Royaume-Uni s'y sont introduits. La moitié d'entre eux a réussi à grimper à bord d'un ferry à l'aide d'une échelle et en profitant de la marée haute. La police est rapidement arrivée sur place.

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Lors de l'intervention des forces de l'ordre, quatre hommes se sont réfugiés sur la plateforme supérieure du ferry, tout en haut de la cheminée. Très déterminés, ils ont refusé toute discussion avec la police qui a donc fait appel aux GRIMP, les sapeurs-pompiers du "Groupe de reconnaissance et d'intervention en milieu périlleux". Ils craignaient qu'ils tombent car la plateforme est très glissante à cause du vent et de la pluie.

Au total, 63 migrants ont été interpellés. Parmi eux, 30 ont reçu une obligation de quitter le territoire français (OQTF) et 28 devront être jugés en mai.

Dans une vidéo de la scène publiée sur les réseaux sociaux, il est possible de voir des migrants escalader le bateau tandis qu'un employé de la compagnie tente de les repousser en les aspergeant d'eau avec une lance incendie.

"Les migrants tentent le tout pour le tout"

La direction de la DFDS a justifié ce geste dans un communiqué envoyé à l'Agence France-Presse : "Face à une situation qu'ils ont jugée 'menaçante' pour leur intégrité physique et celle des passagers, l'équipage a suivi la procédure et les instruction habituelles relatives aux situations d'abordage", mais "le commandant de bord et l'équipage ont rapidement jugé que la méthode utilisée était inefficace et risquée et ont décidé de laisser les personnes monter à bord du navire".

Ce week-end, Christian Salomé, président de l'association L'auberge des migrants, estimait ne pas être "surpris" de cette intrusion dans le port. "La mairie va fermer un terrain où ils avaient leurs tentes. Alors les migrants tentent le tout pour le tout. À Calais, la pression est de plus en plus forte sur eux. Ils ne pensent plus qu'à une chose : partir en Angleterre".

 

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