Image d'illustration. Crédit : Pixabay
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De nombreux sites d’extrême droite ont affirmé ces derniers jours que le sang des personnes originaires d’Afrique ou du Moyen-Orient n’était pas compatible avec le sang "européen". Des allégations fausses. InfoMigrants fait le point.

Fin février, le site d'extrême-droite Fdesouche a publié un article intitulé "Allemagne : de nombreux migrants ne supportent pas le sang européen". Selon le texte truffé d'erreurs et d'approximations, les migrants et réfugiés originaires d’Afrique ou du Moyen-Orient présenteraient "une réaction de rejet avec de graves conséquences sur la santé" lorsqu’ils sont transfusés avec du sang de personnes européennes.

Pour asseoir ces propos, l’article affirme que cette prétendue incompatibilité est l’objet d'un rapport de scientifiques allemands appelant à trouver des donneurs potentiels de sang et de cellules souches parmi les réfugiés vivant en Rhénanie du Nord-Westphalie. À la suite de la publication de Fdesouche, les réseaux sociaux (Twitter notamment) ont été inondés de propos racistes et xénophobes.

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Les allégations du site d'extrême droite sont fausses. Le docteur de Revel, hématologue à la clinique Hartmann de Neuilly-sur-Seine, en région parisienne, contacté par InfoMigrants, rappelle une évidence : "La compatibilité [de sang entre deux personnes] se fait en fonction des groupes sanguins", pas de l’origine ethnique. Toutes les personnes de la planète sont donc compatibles entre elles en respectant leur groupe sanguin. 

L'Établissement français du sang (EFS), également joint par InfoMigrants, confirme les propos de l'hématologue. "Pour une transfusion à la suite d’une hémorragie, par exemple, le sang universel O négatif sera accepté par le receveur, peu importe son ethnie". 

Les cas particuliers

Il existe, en revanche, des cas où il faut rechercher des comptabilités plus approfondies. "C'est le cas par exemple des malades de la drépanocytose  qui ont besoin de transfusions environ toutes les trois semaines. Il faut alors le sang le plus compatible possible, au-delà de l'habituelle compatibilité A, B et O [et regarder du côté des antigènes, ndlr]. Et là, ils ont plus de chance d’être compatibles avec quelqu'un qui a des origines proches", ajoute l'EFS.

Par ailleurs, certaines personnes originaires d’Afrique de l’Ouest sont susceptibles de présenter plus fréquemment des caractéristiques du sang rares. Ces personnes-là, qui restent marginales dans la population, doivent alors être transfusées avec un sang identique. 

C'est pourquoi les services de transfusion sanguine de la Croix-rouge de Rhénanie du Nord Westaphalie ont lancé un projet de typage de donneurs potentiels de sang et de cellules souches parmi les réfugiés et les migrants dans cette région de l’ouest de l'Allemagne. Ce projet financé par le Fonds européen de développement régional (FEDER) appellent les personnes originaires d’Afrique et du Moyen Orient à devenir donneurs afin d’élargir leurs panels de sangs pour pouvoir mieux soigner les personnes issues de l’immigration.

Comme bien souvent, l'infox de Fdsouche part donc d’une véritable information que le site a biaisée et détournée pour nourrir des préjugés racistes. 


 

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