Des milliers de migrants sont détenus en Libye. La plupart ont été interceptés en mer par des gardes-côtes après avoir tenté d'embarquer pour l'Europe. Crédit : Reuters
Des milliers de migrants sont détenus en Libye. La plupart ont été interceptés en mer par des gardes-côtes après avoir tenté d'embarquer pour l'Europe. Crédit : Reuters

Des dizaines de personnes détenues dans le centre de détention de Triq al-Sikka de la capitale libyenne ont été sévèrement battues "avec des barres de métal" la semaine dernière pour avoir protesté contre leurs conditions d'emprisonnement. L'agence des Nations pour les réfugiés a exprimé mardi son inquiétude sur leur sort.

Dans un communiqué publié mardi 5 mars, l'agence des Nations pour les réfugiés (HCR) se dit "vivement préoccupé par des informations faisant état d’un recours à la force contre des manifestations de demandeurs d’asile la semaine dernière au centre de détention de Triq al-Sikka en Libye".

Les manifestations auraient eu lieu mardi 26 février dans ce centre de détention de Tripoli où étaient alors détenus plus de 400 demandeurs d’asile. Depuis, 120 personnes ont été transférées vers les centres de détention d’Ain Zara et de Sabha, indique le HCR dans son communiqué.

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Selon Al Jazeera qui a pu entrer en contact avec des migrants qui ont participé aux manifestations, quelques 150 hommes se sont échappés de la cellule principale du centre pour protester contre leurs conditions de détention et réclamer une visite de membres du HCR.

"Trois témoins ont raconté à Al Jazeera comment les gardes libyens ont encerclé les réfugiés et migrants avant de commencer à les battre avec des bâtons et barres en métal", détaille l’article. Deux personnes ont été gravement blessées et ont dû être transférées à l’hôpital d’Abou Slim.

Deux personnes torturées

Toujours selon des témoins présents sur place interrogés par Al Jazeera, des dizaines de détenus ont été transférés vers d’autres centres de détention. Deux des détenus "suspectés d’être les organisateurs de la manifestation", ont été emmenés dans une cellule en sous-sol, où ils auraient été torturés.

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La manifestation aurait débuté juste après le départ de diplomates néerlandais qui étaient venus visiter le centre de détention. "Les manifestations sont motivées par la frustration et l’anxiété des demandeurs d’asile détenus dans des conditions abjectes depuis des mois, sans aucune autre solution en vue", affirme le HCR dans son communiqué.

"À ce jour, le HCR n’a pas eu accès aux personnes affectées par l’incident à Triq al-Sikka", ajoute le texte.


 

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