Image de l'intérieur du gymnase de Saint-Herblain. Crédit : capture d'écran / TéléNantes
Image de l'intérieur du gymnase de Saint-Herblain. Crédit : capture d'écran / TéléNantes

Environ 250 migrants, dont des familles avec enfants, sont menacés d’être expulsés d'un gymnase près de Nantes où ils se sont installés depuis fin octobre. Les associations craignent que des expulsions sans délai fragilisent encore plus ces personnes déjà précaires.

L’étau se resserre pour les quelque 250 migrants vivant depuis quatre mois dans un gymnase de Nantes, dans l’Ouest de la France. Deux assignations en référé d’expulsion ont été déposées jeudi 7 mars par le diocèse et le promoteur immobilier, propriétaires du bâtiment situé au sein d’un lycée catholique inoccupé dans la commune de Saint-Herblain. Plusieurs familles installées dans une maison à proximité sont également menacées d'expulsion. 

"Il y a toujours des enfants, des femmes et, évidemment, beaucoup d'hommes dans ce gymnase : les mettre à la rue de façon sèche serait une vraie catastrophe humanitaire", a déclaré à l’AFP François Prochasson, membre du collectif de soutien aux migrants, en marge d'une audience qui s’est tenue jeudi au tribunal de grande instance de Nantes.

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Les migrants ont trouvé refuge dans ce gymnase fin octobre après avoir été délogés d’un square de Nantes. Et les propriétaires comptent à leur tour faire fermer le lieu. Ils estiment que les conditions de logement des migrants dans le gymnase sont “indignes et non sûres”, selon les termes de Xavier Brunier, responsable de la solidarité au diocèse. L’homme qui accompagne déjà de nombreux migrants se dit désemparé face à cette situation, affirmant qu’il s’agit d’une décision difficile mais qu’il n’en voyait “pas d’autre”.

Avec cette action en justice, l'évêché croit pouvoir accélérer la recherche de solutions communes.

Mais le collectif "L'autre cantine", également engagé dans ce dossier, dénonce le "ping-pong entre les institutions". Christophe Jouin, son président “demande que la ville de Nantes réquisitionne des bâtiments vides pour mettre les personnes à l'abri", indépendamment de leur situation administrative.

"Tout le monde est d'accord pour dire que les conditions d'hébergement ne sont pas satisfaisantes. C'est à l'État de prendre en charge toutes ces personnes-là et d'assumer ses responsabilités en la matière", a souligné, pour sa part, Me Stéphane Vallée, l'avocat des demandeurs d'asile.

La justice rendra deux décisions successives dans ce dossier les 14 et 28 mars.

 

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