Capture d'écran du compte twitter de Human Rights Observers
Capture d'écran du compte twitter de Human Rights Observers

Les forces de l'ordre ont procédé ce mardi au démantèlement du plus grand camp informel de migrants à Calais, situé rue des Verrotières. La destruction du campement était prévue depuis plusieurs jours. Une clôture sera installée sur le terrain - privé - pour empêcher le retour des migrants.

Le camp de migrants des Verrotières (également appelé ou camp du chemin du Pont-Trouille), plus grand camp informel de Calais, a été définitivement démantelé, ce mardi 12 mars. L'opération s'est déroulé dans le calme, selon les associations sur place. L'évacuation prévue depuis plusieurs jours n'est pas une surprise. Elle fait suite à une décision du tribunal de grande instance de Boulogne-sur-mer du 19 février 2019, qui avait été saisi par la société Enedis, en grande partie propriétaire du terrain sur lequel était bâti le camp.

"Tout s'est déroulé dans le calme", précise Diego, membre de l'Auberge des migrants. "Il y avait peu de presse, peu de témoins, ce matin. La gendarmerie, la Police aux frontières encadraient l'évacuation". Selon le militant, il restait peu de migrants dans le campement ce matin, "une cinquantaine environ" sur les 200, en majorité d'origine soudanaise, qui occupent normalement le terrain. "Tout le monde savait qu'il y allait avoir une expulsion. Certains sont allés les jours précédents dans les dispositifs de mise à l'abri, d'autres sont partis se cacher ailleurs, dans d'autres petits camps de Calais".

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Les migrants présents aux Verrotières ont été conduits dans des bus vers les différentes structures de la région (CAES). "Les migrants doivent pouvoir être redirigés vers les centres d’accueil et d’orientation adaptés mis en place par l’État avec l’aide d’autres collectivités et d’associations", pouvait-on lire sur les panneaux, installés à l'entrée du camp depuis quelques jours.

Installation d'une clôture

Contrairement aux nombreux démantèlements quasi-quotidiens des campements de Calais, l’opération des Verrotières est une "vraie évacuation", explique Charlotte, membre d’Utopia 56. "Il ne sera plus possible de retourner sur les lieux". En effet, une clôture sera construite autour du terrain privé (dont une parcelle appartient aussi à la communauté d'agglomération de Grand Calais terres et mer) pour empêcher tout retour des occupants. 

L'installation de ce campement représentait un risque pour les migrants, eux-mêmes, ont argué l'État et les entreprises alentours. "Cette occupation illicite occasionne de nombreux problèmes de sécurité, de salubrité et d’atteinte à la dignité humaine", peut-on encore lire sur les panneaux à l'entrée du camp.

Dans un communiqué de la préfecture du Pas-de-Calais, les autorités parlent aussi d'un risque pour l'économie de la ville. "La proximité de plusieurs entreprises provoquait en outre des troubles de plus en plus évidents pour l'activité économique des sociétés présentes dans cette zone".


 

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